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N° 1, novembre 2002

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Nouveau visage au Département d'Histoire
Axel Tixhon : Retour aux sources

Quand je suis parti de Namur, mon rêve était de devenir assistant de Paul Wynants. Pour Axel Tixhon, le rêve est presque devenu réalité. Depuis le 1er septembre 2002, ce jeune historien dynamique (il a 30 ans) fait partie du personnel académique du département d’histoire, en tant que chargé de cours. Lorsqu’il a entendu parler d’un appel d’offres pour un poste académique, il n’a pas hésité longtemps. Il ignore si son statut d’ancien de Namur a joué en sa faveur au moment de l’embauche, mais il avoue que c’est parce qu’il était ancien de Namur qu’il s’est présenté. Alors, un peu de nostalgie ? Beaucoup de nostalgie, corrige-t-il. Je ne kottais pas à Namur, puisque j’habitais Dinant. Quitter Namur, c’était quitter tout un milieu très sécurisant : famille, connaissances. Axel Tixhon garde pourtant de Namur le souvenir qui lui est traditionnellement lié. Namur, c’était du sérieux. Il y avait une ambiance de travail très forte, parfois même trop, ajoute cet habitué du Cercle Philo. Inimaginable de brosser un cours, surtout un cours donné en histoire ! Parce que pour éco ou droit, on faisait parfois quelques exceptions, précise-t-il dans un clin d’œil. L’intégration à Louvain n’a pourtant pas été difficile. D’ailleurs, Axel Tixhon habite toujours Louvain-La-Neuve, une petite maison située dans la partie résidentielle du quartier de l’Hocaille. Louvain-La-Neuve est une ville très pratique et agréable pour une famille, explique-t-il. Elle présente un grand confort et une facilité d’accès. Résider ici ne s’est pourtant pas imposé d’emblée. Après ses études, Axel Tixhon a préféré aller voir ailleurs, pour tourner la page de la vie étudiante. Et puis le retour s’est imposé naturellement, à cause de la proximité avec son boulot à l’UCL.
A Louvain, Axel Tixhon a kotté durant deux ans à la Maison des Historiens. Il l’avait beaucoup côtoyée en 1e licence et il avait envie d’agir. La première année, ça n’a pas été simple. Le kot n’était pas complet, des étudiants non-historiens bouchaient les trous, il y avait beaucoup de nouvelles têtes et peu de projets. Hormis les inévitables soirées et soupers, son meilleur souvenir est un voyage organisé à Prague, qui avait été une réussite totale. La 2e année sera meilleure. J’étais en prolongation de mémoire et je faisais un DEC en sciences politiques. Cette année-là a surtout été une année de guindaille. J’appelais ça ma “licence en MDH”. Plus de réalisations concrètes avec le kot-à-projet cette année-là : une exposition avec les archéologues, une conférence sur la justice des jeunes, sur l’émission “Jours de Guerre”. Et, last but not least, la rencontre avec la femme de sa vie… Catherine, en 1e licence en histoire à l’époque, kottait à la MDH également. Aujourd’hui tous les deux plongés dans le monde universitaire (Catherine est monitrice mi-temps à la Faculté de Philosophie et Lettres à l’UCL), ils ont un petit garçon, Germain… La famille s’agrandira début janvier avec l’arrivée d’une petite fille.
Axel Tixhon dépoussière l’image caricaturale de l’historien perdu dans ses bouquins. Grand amateur de sport (il fait partie d’une équipe de mini-foot avec des collègues de la faculté de droit à Namur), c’est un supporter convaincu du Sporting d’Anderlecht. Pendant ma thèse, j’étais abonné au club et je manquais rarement un match. C’était un véritable défouloir. C’est aussi un grand consommateur de télé (j’ai parfois des difficultés pour aller me coucher tellement je zappe !) et un passionné de voyages culturels. Il aime avant tout les organiser, et évoque avec passion son voyage avec les 2e candis histoire en Bourgogne en octobre dernier.
Son boulot aux Facultés, il le prend comme un véritable pari. Il est difficile d’enseigner quand on a eu des modèles tels que Wynants ou Noël. Une peur de ne pas être à la hauteur… Il faut aussi trouver son style. Pour moi, le plus difficile, c’est de savoir quel contact avoir avec les étudiants. J’ai 30 ans et je ne suis finalement pas beaucoup plus vieux qu’eux. Il se souvient ainsi de certaines conversations avec des étudiants pendant les pauses sur les dernières tendances musicales en vogue (c’est un fan d’Indochine). C’est parfois difficile de mettre la limite entre le prof-prof et le prof-copain. Et avec les profs ? C’est plus facile, dit-il sans hésiter. Même s’ils m’impressionnaient, j’ai vite découvert que derrière chaque personnage “joué” par les profs durant leurs cours, il y avait une personnalité conviviale et attachante. Et de terminer en disant que le Père Sauvage, par ses qualités humaines, a beaucoup facilité son intégration...
 

 
Les 4 professeurs qui l’ont marqué :
- Jean Beaufays, professeur de philosophie : pour la qualité et la complexité de ses cours. Le cours se donnait le vendredi matin, et si on était sorti la veille au Bunker, ça ne valait même pas la peine d’y aller ! Réussir ce cours, c’était vraiment une source de fierté !
- René Noël : Plus que le fond, c’est la forme de ses cours qui me fascinait. Et puis il m’a fait découvrir le Moyen Age, que je connaissais très mal.
- Paul Wynants : J’ai toujours été épaté par la clarté avec laquelle il enseignait une matière pourtant terriblement complexe.
- Guy Philippart : Son intérêt pour les étudiants est réel. Il se veut proche d’eux et en même temps il a un niveau d’exigence très élevé.
 

   
 

 
A la Faculté de Philosophie et lettres des FUNDP, Axel Tixhon hérite des cours dévolus jusqu’ici à Pierre Sauvage, Philippe Jacquet et Guy Philippart.
Il prend en charge les cours suivants :
- Heuristique contemporaine
- Questions d’histoire contemporaine
- Critique historique (pour les non-historiens)
- Histoire et informatique
- Exercices de communication d’un savoir historique
 
Il enseigne également l’histoire des institutions belges aux étudiants de droit, en suppléance de Paul Wynants.
Il poursuit son travail de recherche, à propos de la mémoire de la Grande Guerre et l’exploitation des archives judiciaires. Cette année, je vais surtout m’occuper de mes cours. Il y a tant à faire que la recherche passera malheureusement au second plan pendant un temps !
 

 
CV en bref
1990-1992 : Candidatures en histoire à Namur
1992-1995 : licence en histoire à l’UCL. Mémoire avec le professeur Lory sur le souvenir des massacres de Dinant en août 1914
1994-1995 : DEC en sciences politiques à l’UCL
1995-1997 : Contrat à l’UCL, il travaille pour Xavier Rousseau en histoire du droit
1997-2001 : Aspirant FNRS. Il présente sa thèse (Le Pouvoir des Nombres. Une histoire de la construction et de l’exploitation des statistiques judiciaires belges au XIXe siècle) en 2001
2001-2002 : Nouveau mandat à l’UCL
Depuis septembre 2002 : Chargé de cours aux FUNDP
 

 

Christophe Cordier (98)

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