Benoit Masquilier 12 Octobre 2001 11:17  

Groupe de Recherche sur les Transports
Facultés Universitaires N.-D. de la Paix
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5000 Namur
Belgique
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Périodique - octobre 2001


Editorial
Les projets du GRT
Transferts
Domaines actuels de recherche

 

Editorial

Cette fois encore, ce numéro de GRTinfo est entièrement consacré à trois nouveaux projets dans lesquels le GRT est impliqué. Ceux-ci sont bien représentatifs des deux grands courants de recherche dans lesquels notre groupe est impliqué: l'optimisation des carrefours (et plus spécifiquement de leurs feux de signalisation) s'inscrit dans le cadre des projets liés à la modélisation, l'enquête sur la mobilité après 55 ans en Wallonie ainsi que l'encadrement scientifique de l'enquête ménages sur la mobilité en Wallonie sont bien entendu significatifs de l'engagement du GRT dans l'étude des comportements de mobilité au travers d'enquêtes.
Il ne s'agit là que de quelques exemples de nos recherches car d'autres projets vont encore débuter au GRT, notamment dans le cadre du second programme d'appui scientifique à une politique de développement durable subventionné par les SSTC. Nous reparlerons sûrement de ces projets dans de prochains numéros de GRTinfo.
En même temps que la parution de ce GRTinfo, démarre également notre nouvelle «saison» de séminaires. Si vous n'avez pas reçu le programme de ceux-ci, nous vous invitons à nous en informer afin que nous puissions vous le faire parvenir. Sachez aussi que l'annonce de ces séminaires est disponible sur notre site Web.

Dr Eric Cornelis



Les projets du GRT

Optimisation de carrefours urbains

La modélisation de réseaux urbains permet de prédire l'effet des aménagements routiers sur la circulation. En utilisant de tels modèles, l'idéal est de pouvoir déterminer la configuration optimale d'une ville tout en tenant compte des contraintes physiques. Le problème posé est un problème d'optimisation: minimiser une fonction objectif en respectant un certain nombre de contraintes.
Dans notre cas, la fonction objectif est la moyenne du temps passé par les utilisateurs dans le réseau. La recherche d'un minimum se fait en modifiant la configuration du réseau. En pratique, cela signifie que, pour chaque carrefour, nous pouvons choisir de le laisser libre (sans feux), d'y installer des feux statiques (phases de feux fixes), des feux dynamiques (phases de feux à horizon glissant) ou de le remplacer par un rond-point. De même, nous pouvons imaginer de modifier une rue en supprimant ou en ajoutant une bande de circulation.
En ne jouant que sur les carrefours, nous avons donc, pour chaque carrefour, quatre choix possibles. De plus, la mise en place des phases fixes entraîne une série d'autres possibilités. La gestion dynamique des feux n'entre pas en compte puisqu'elle dépend de l'état dynamique du réseau. Autrement dit, nous pouvons considérer n carrefours avec m choix possibles donc nm possibilités.
La résolution de notre problème passe par des méthodes heuristiques de l'optimisation combinatoire. En effet, il n'existe pas de schéma général de résolution. En suivant quelques règles, il faut adapter le principe au cas particulier qui nous intéresse. Nous avons choisi pour notre cas les principes de la méthode Tabu.
Le GRT adapte son simulateur PACSIM (cf. GRTinfo n°1) pour, d'une part, développer les outils nécessaires à la recherche de l'optimum et, d'autre part, construire les extensions permettant le couplage avec un logiciel de gestion dynamique des phases de feux. L'implémentation de la méthode Tabu est effectuée par le Service des Mathématiques de la Gestion de l'Université Libre de Bruxelles qui utilise ainsi son expérience en matière d'optimisation combinatoire.
Dans un premier temps, nous nous contentons de mesurer l'impact de l'utilisation des phases dynamiques sur un ensemble donné de carrefours ainsi que celui de la modification des longueurs de phases fixes. L'algorithme d'optimisation étant ouvert, il pourra continuer à être développé pour inclure les autres choix.

Ludovic PLATBROOD

Le CREMOR (Centre de Recherche sur la Mobilité Régionale)

Ayant vu le jour en mars 2001 au sein du GRT, le CREMOR se veut être une plate-forme de recherche qui rende visible et efficace l'implication du GRT, mais aussi des FUNDP, dans la problématique de la mobilité sur le territoire wallon.
Les principaux axes d'action du CREMOR sont, d'une part, la collecte de données et l'analyse de thèmes spécifiques dans le domaine de la mobilité (par exemple, la mobilité scolaire, la mobilité rurale, la mobilité du troisième âge, la mobilité commerciale,…) et, d'autre part, la distribution et la valorisation de ces données, en s'appuyant sur des outils et supports connus du GRT. Dans les projets qui seront menés, le terme «régional» ne doit pas être compris comme limitatif, mais bien comme une priorité de recherche, étant entendu que notre souhait est de «coller» le plus possible à la réalité, celle-ci n'étant pas toujours aussi nette et précise que celle des découpages administratifs.
Le CREMOR recherche des synergies multidisciplinaires, tout particulièrement au sein des FUNDP. La mobilité est en effet un terme souvent utilisé et peut signifier des choses parfois bien différentes. Une collaboration avec des chercheurs d'autres disciplines amènera probablement à mieux cerner cette notion en l'étudiant sous différents points de vue, en considérant un maximum de «facettes» de la mobilité (économiques, juridiques, géographiques, éthiques,…). Les économistes du CREW (Centre de Recherche sur l'Economie Wallonne) se sont déjà impliqués dans l'enquête en cours sur les personnes de plus de 55 ans (voir ci-dessous). Les géographes nous ont également aidés à rédiger le questionnaire. Nous espérons pouvoir ainsi travailler de manière efficace avec d'autres groupes, et enrichir par ces approches la connaissance que nous pouvons avoir de notre sujet d'étude et des problématiques qui s'y rapportent.
Le projet en cours: Enquête sur la mobilité après 55 ans en Wallonie.
Il s'agit là de la première enquête du CREMOR. La mobilité des seniors sera en effet très certainement un enjeu de taille pour le 21ème siècle, dans le contexte de vieillissement démographique que nous connaissons. Cet objet d'étude a été choisi pour des raisons scientifiques, sociales et méthodologiques.
Rappelons d'abord que:

Du point de vue de la mobilité, les personnes de plus de 55 ans montrent des comportements variés et en transition. Pour les populations inactives (nous avons pris 55 ans comme limite inférieure pour observer aussi les personnes pré-pensionnées), il n'est plus possible d'analyser la mobilité à partir des déplacements entre le domicile et le travail. L'organisation des déplacements suit d'autres structures d'activités qui sont aujourd'hui très mal connues. La prévision des comportements de mobilité demande de mieux connaître ces populations et la façon dont l'avancée en âge affecte leurs comportements. Or, cet effet est complexe:
Cette étude porte donc sur une population mal connue en ce qui concerne sa mobilité, mais à l'importance croissante, autant sur le plan démographique qu'économique. La société doit réadapter ses systèmes de transport en commun à cette population qui peut utiliser des moyens de déplacements plus lents, mais qui a moins d'argent et se déplace souvent en dehors des heures de pointe. Ces caractéristiques complexes demandent, pour être analysées, plus d'informations que ne peuvent en fournir les enquêtes générales. Cette focalisation sur les personnes âgées de plus de 55 ans comblera des lacunes où les attentes sont fortes.
C'est enfin une population susceptible de changer rapidement son comportement en matière de mobilité et de réorganiser ses déplacements. Ainsi l'intervalle de deux ans qui séparera les données récoltées de l'enquête nationale sur la mobilité des ménages (MOBEL, 1998-1999) apportera des informations utiles pour une analyse longitudinale associant les deux enquêtes. Bien que le recul nécessaire soit encore faible, ce projet devrait déboucher sur une première analyse de «profils de transition de mobilité», qui seront très utiles pour des prévisions.
Basée sur les techniques d'enquête déjà mises en oevre pour l'enquête MOBEL, l'enquête sur la mobilité après 55 ans a débuté en septembre 2001. L'échantillon, d'environ 700 ménages, a été construit en collaboration avec l'INS dans le cadre d'une coopération institutionnelle. La récolte des données est en phase de réalisation par le bureau d'études Dimarso. L'entièreté des données devrait être disponible d'ici janvier 2002. Un rapport est prévu; nous veillerons à le diffuser au-delà du cercle des spécialistes de la mobilité, vu l'enjeu social particulier de cette enquête.

Marie CASTAIGNE et Jean-Paul HUBERT

Observatoire de la mobilité

En créant cet Observatoire, la Région wallonne veut se doter d'un outil d'aide à la décision, pour orienter et évaluer sa politique de mobilité et pour coordonner les interventions des différents ministres, conformément au Contrat d'Avenir pour la Wallonie.
L'Observatoire sera constitué d'une cellule opérationnelle de six personnes, provenant de l'administration, et d'un expert contractuel, sous l'autorité du Secrétaire Général du MET.
La première mission de l'Observatoire de la Mobilité est de contribuer à optimiser, dans une perspective de développement durable, l'usage de chaque mode de transport des personnes et des marchandises. Pour ce faire, l'Observatoire devra: L'Observatoire sera accompagné par un comité de coordination incluant des représentants des administrations concernées (Aménagement du Territoire, Environnement, Travaux subsidiés, Recherche, Energie, Economie et Emploi, …), de la SRWT, des TEC et de l'Office de Promotion des Voies Navigables (OPVN). Un conseil d'orientation, composé de scientifiques, de représentants des employeurs et des travailleurs, d'associations, … assistera l'Observatoire de la Mobilité.
Le schéma repris à la page suivante indique les étapes suivies par l'Observatoire de la Mobilité.
Dans un premier temps, il s'agit de récolter des données par le biais d'enquêtes. Ensuite, un traitement des données brutes ainsi recueillies aura lieu et fera l'objet de diverses analyses. Enfin, les résultats obtenus grâce à ces études vont servir de références aux pouvoirs publics afin de prendre des décisions appropriées.
L'intervention actuelle du GRT dans l'Observatoire de la Mobilité concerne l'enquête régionale sur la mobilité des ménages (ERMM) et s'opère à différents niveaux:
Schéma des différents objectifs de l'Observatoire de la Mobilité

Pierre-Yves BERNARD et Joëlle VANDEVOORDE


Transferts

Le GRT tient à remercier Alexandra DESSY et Monica VITIELLO pour ce qu'elles ont apporté au groupe et leur souhaite bonne chance dans leurs nouvelles activités professionnelles. Par la même occasion, le groupe salue les arrivées de nouveaux collaborateurs: Marie CASTAIGNE, Laetitia LEGRAIN, Joëlle VANDEVOORDE, Pierre-Yves BERNARD et Arnaud LUYCKX.

Domaines actuels de recherche

Pour plus d'informations, consultez notre site Internet

Enquêtes transports

Modélisation
Editeur responsable : Prof. Philippe TOINT, FUNDP, Rempart de la Vierge, 8 5000 Namur