Benoit MASQUILIER 9 July 2002 16:45  

Groupe de Recherche sur les Transports
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Périodique - juin 2002


Editorial
Les projets du GRT
Colloque: Droit et Mobilité
Publication du GRT
Domaines actuels de recherche

 

Editorial

L'année académique qui s'achève a vu débuter de nombreux projets pour le GRT. Deux de ceux-ci vous sont présentés dans ce numéro et d'autres feront l'objet d'articles dans le prochain numéro. Mais nous n'allons pas vous parler uniquement de ce qui fait le présent du GRT; nous allons également nous tourner vers l'avenir et vous présenter de quoi sera fait (en partie) le futur de notre groupe. Parmi les activités déjà planifiées, outre le cycle de séminaires qui connaîtra une nouvelle session dès septembre, nous vous parlons ici du colloque que le CREMOR, en collaboration avec la Faculté de Droit, organisera en octobre prochain. Le droit à la mobilité est un concept, voire une interrogation, qui interpelle pas mal de citoyens et, a fortiori, de décideurs. En vue d'apporter une petite pierre à l'édifice, nous rassemblerons un large panel d'acteurs afin de confronter leurs points de vue sur ce problème. Une autre «production» du GRT est un livre reprenant de manière détaillée les résultats de l'enquête MOBEL. Tout au long d'une série de fiches, les principaux enseignements qui peuvent être tirés de cette enquête seront illustrés et commentés. Enfin, dans le courant de l'année académique prochaine, le GRT s'attellera aussi à mettre sur pied une formation «continuée» en transports. Organisée sous forme d'un cours de seize heures (soit huit séances hebdomadaires de deux heures), cette formation s'intéressera à la modélisation mais aussi aux enquêtes. Plus de détails sur cette activité pourront vous être fournis pendant l'automne. D'ici là, je vous souhaite d'agréables vacances.

Dr Eric Cornelis



Les projets du GRT

Étude préalable à la mise en oeuvre d'un Observatoire de la Mobilité dans la Région de Bruxelles-Capitale

Depuis plusieurs années déjà, la problématique de la mobilité et des transports se porte au centre des débats menés par les décideurs politiques. Une attention particulière est portée sur les agglo-mérations et, de manière générale, sur les zones urbanisées.
Le plan IRIS des déplacements de la région de Bruxelles-Capitale a été approuvé par le Gouvernement régional le 1er octobre 1998. Sa mise en oeuvre est articulée autour de 180 mesures à appliquer. L'une d'elles va mener à la conception de ce projet.
Un récapitulatif appuyé sur les décisions du Gouvernement du 1er octobre 1998 notifie les intentions plus précises des actions prévues par la Région en matière de mobilité durable. Les grands traits du présent projet apparaissent dans le libellé des actions exposéesle 28 septembre 1999 lors d'une conférence de presse de Monsieur Robert Delathouwer, secrétaire d'Etat de la Région de Bruxelles-Capitale, en charge de la mobilité. Il s'agissait alors de:

«Mettre au point un Observatoire Régional de la Mobilité basé sur une dizaine d'indicateurs mettant en évidence le report modal, la congestion, les effets des lignes d'action du plan IRIS et la convergence vers les engagements du protocole de Kyoto en matière de réduction des émissions des gaz à effet de serre.»
L'objectif final de cette étude est donc de mettre sur pied un Observatoire Régional de la Mobilité bruxelloise qui soit une structure stable, efficace et pertinente, capable de faire face aux véritables problèmes liés à la mobilité au sein de la Région de Bruxelles-Capitale.
Le but de cet observatoire est d'obtenir, à un coût optimal, grâce à l'évaluation périodique d'une série d'indicateurs, une image fiable et représentative de l'évolution de la mobilité dans la région de Bruxelles-Capitale et de ses effets environnementaux. L'observatoire concerne tous les modes de transport, tous les motifs, origines, destinations et périodes de déplacement dès que le territoire de la Région est impliqué.
Les indicateurs évalués doivent permettre de comparer la Région de Bruxelles-Capitale à d'autres villes européennes et, le cas échéant, internationales suivant des grilles d'analyse et une méthodologie qui jouissent d'un consensus international (cf. Benchmarking européen). En outre, ces indicateurs doivent permettre de mesurer l'évolution à Bruxelles des paramètres les plus pertinents pour apprécier l'impact de la mise en oeuvre de la politique régionale (Plan IRIS, PRAS, PRD). À cet égard, certains indicateurs seront établis sur base de données fiables disponibles (à partir des plus anciennes envisageables) afin de traduire des tendances sur des périodes les plus longues possibles.
Le présent projet porte donc sur la réalisation de l'étude préalable à la mise en oeuvre de l'Observatoire Régional de la Mobilité et sur un premier exercice d'application.
Il existe une quantité considérable de catégories d'indicateurs de mobilité. Cependant, nous nous limitons à l'étude de trois d'entre elles, comme cela a été prévu par la Région auparavant. Le GRT s'intéresse aux indicateurs relatifs à la part modale, tandis que STRATEC est en charge de ceux concernant les problèmes de congestion et la PHL (Provinciale Hogeschool Limburg) se concentre sur ceux permettant d'étudier le respect des engagements du Protocole de Kyoto. Nous terminons en ce moment la première phase du projet qui consistait à établir une liste exhaustive et idéale de chacune des catégories d'indicateurs. La phase suivante aura pour objectif de confronter cette liste aux contraintes réelles existantes et limitant la mesure de certains indicateurs. Il sera également question de réduire cette liste en ne conservant que les indicateurs les plus utiles à l'Observatoire Bruxellois.

Joëlle VANDEVOORDE

SAMBA: Analyse spatiale et modélisation basées sur les activités

Généralement, en Belgique, les études de mobilité se concentrent autour des déplacements de type domicile - travail/école. Ces déplacements sont en effet facilement accessibles à partir des données du recensement belge. Cependant, des enquêtes récentes (cf. MOBEL) ont révélé que ces déplacements ne représentaient qu'environ la moitié de la demande totale un jour ouvrable et bien peu un jour férié. Il est dès lors plus qu'indispensable d'étudier tous les types de déplacements en considérant les différents motifs qui y sont attachés. Le projet SAMBA s'inscrit donc dans le désir d'obtenir une estimation de la demande de déplacements de la population belge pour tous motifs et ainsi pouvoir évaluer les flux entre deux noeuds du réseau de transport (par exemple, entre les communes). Le travail se fait sur base d'enquêtes à différents niveaux: national (MOBEL), régional (Flandre) et local (Hasselt, Gand et Anvers).
La caractérisation de notre modélisation est l'introduction de la composante spatiale d'un déplacement (Où les gens se rendent-ils pour participer à une activité? Comment organisent-ils leurs déplacements en fonction du type d'activité et des lieux où ils peuvent accomplir cette activité?). En effet, jusqu'à présent, le GRT a surtout analysé les chaînes d'activités dans leur composante temporelle (le moment de la journée où se font les activités) et ce en fonction, entre autres, du motif ou du mode de déplacement.
Une importante phase du projet consistera donc en la localisation, dans la mesure du possible, de tous les lieux d'activités relevés dans les enquêtes (MOBEL pour le GRT). Cela nous permettra de visualiser sur un support cartographique les déplacements et donc, en quelque sorte, aussi les chaînes d'activités relevées dans l'enquête. Ainsi, nous espérons mettre en évidence les composantes qui contribuent au choix de la destination pour participer à une activité. L'étape suivante est l'introduction de ces variables dans un modèle des chaînes d'activités, qui sera, cette fois, de type spatio-temporel.
A partir des données du recensement, nous ne pouvons construire une matrice origine - destination que sur base des déplacements domicile travail /école. De plus, ce recensement est, semble-t-il, amené à disparaître prochainement. Il est donc nécessaire de nous donner un moyen d'estimer les déplacements de tous types pour l'ensemble de la population belge. La seule source de données utilisable sera à ce moment-là les enquêtes réalisées auprès d'un échantillon de la population. Il s'agira de pouvoir recréer, à partir de l'échantillon, une population synthétique, c'est-à-dire une population qui soit statistiquement proche de la population réelle. Ceci nous amène à la troisième étape du projet. Le processus consiste à d'abord créer une population de base (des individus appartenant à un type de ménage), ensuite, à attribuer à ces individus un schéma d'activités tiré de l'enquête de référence, et finalement, de localiser ces individus synthétiques sur le réseau de transport.
A partir de là, nous serions capable de construire une matrice origine - destination nous permettant de déduire quels sont les déplacements entre chaque zone qui sont associés aux chaînes d'activités et de là, la demande de mobilité induite.
En parallèle, une étude pour mesurer les effets de barrières ainsi que leurs implications dans les comportements de déplacements sera réalisée par le département de géographie de l'UCL. De même, une étude de l'apport que pourrait procurer la logique floue dans la description des processus de décisions mis en oeuvre dans l'élaboration des chaînes d'activités par les ménages sera menée par le Vakgroep Geografie de l'Université de Gand (RUG).
Enfin, le Vakgroep Transport en Ruimte de l'Université d'Anvers (UFSIA) participera au géocodage des adresses issues des enquêtes flamandes. Ce projet est financé par les SSTC dans le cadre du deuxième plan d'appui scientifique de développement durable.

Laetitia LEGRAIN



Colloque: DROIT ET MOBILITÉ
organisé par la Faculté de Droit et le CREMOR, le 18 octobre 2002

La question du droit à la mobilité commence à se poser de façon de plus en plus régulière, sans nécessairement trouver de réponse qui prenne en compte toute sa complexité.
Différentes approches techniciennes ou scientifiques permettent de mieux cerner la notion de mobilité, à travers par exemple la modélisation technique, économique, à travers les études de comportements (individuels ou sociaux) … Ces approches doivent apporter les informations nécessaires à la mise en place de politiques efficaces en matière de mobilité. Mais le volet juridique qui conditionne l'application d'une politique de la mobilité reste beaucoup plus flou.
L'idée d'un «droit à la mobilité» existe pourtant, le politique comme le citoyen (par le biais souvent de l'associatif) commencent à faire usage courant de la notion. A entendre certains discours, ce droit serait inscrit de la même manière que les autres droits dans la convention des droits de l'homme, dans la constitution nationale … Mais qu'en est-il vraiment? Quels sont ou seraient les fondements législatifs d'un tel droit? Quelles en sont ou seraient les implications dans la vie de tous les jours?
Il importe tout d'abord de savoir de quoi on parle et à quel niveau on se place. Nous ne nous intéresserons pas à la mobilité des travailleurs, mais bien à celle des personnes sur le territoire public. Le droit à la mobilité peut être vu sous l'angle de l'accessibilité bien sûr, qu'elle soit physique (accès, par exemple, des personnes à mobilité réduite), technique (densité du réseau de transports, aussi bien en zone urbaine que dans les régions plus isolées), «territoriale» (interdiction d'accès à certaines catégories de voyageurs en centre-ville - zones piétonnes - ou en zones protégées), ou financière ou économique (la mobilité à un prix abordable pour tous). Mais nous pouvons également voir le droit à la mobilité sous l'angle d'une garantie d'un certain niveau de services (entretien des routes, infrastructures de transports publics …).
En outre, il y a toujours deux façons de voir les obstacles à la mobilité: en tant que difficulté à sortir d'un lieu ou difficulté à entrer dans un autre. Le droit à la mobilité doit-il viser en priorité les problèmes que certaines personnes ont pour quitter leur zone de résidence ou ceux que d'autres ont pour accéder à leur lieu de travail, d'approvisionnement ou de loisirs?
Les enjeux, ensuite, sont multiples. On peut les recenser en termes de:

C'est toute cette problématique que nous nous proposons de mettre sur la table lors d'un colloque qui se tiendra à Namur le vendredi 18 octobre 2002. Le terrain est brut et broussailleux, les points de vue multiples, et c'est bien ainsi que nous entendons l'aborder, comme une première exploration des façons d'organiser tout cela, en s'efforçant de distinguer les slogans des théories, les idées des réalisations concrètes, les principes moraux et les outils juridiques en place. Tout en tenant compte des différents enjeux d'un tel droit, il s'agira de tenter de mettre en lumière une éventuelle définition grâce aux textes légaux et à l'identification des différentes instances compétentes en la matière.

Marie CASTAIGNE



Publication du GRT: La mobilité des Belges en 1999

(auteurs : Jean-Paul Hubert et Philippe Toint, nombreuses illustrations, tableaux et cartes, index, environ 300 pages, Namur, P.U.N, 2002, ouvrage réalisé avec le concours des SSTC)

Une analyse complète de l'enquête nationale sur la mobilité des ménages résidant en Belgique (MOBEL 99) sera publiée aux Presses Universitaires de Namur à la fin de l'année 2002.
Sept chapitres, une introduction et une conclusion composent cet ouvrage de référence sur la mobilité dans notre pays, basé sur la première enquête nationale sur ce sujet :

  1. Introduction
  2. Méthodologie
  3. Les ménages comme acteurs de la mobilité
  4. La dimension socio-spatiale des déplacements
  5. Les déplacements dans le temps
  6. Les motifs des déplacements
  7. Les modes de déplacement
  8. Les comportements de la mobilité
  9. Conclusion et perspectives
Les grands thèmes de la mobilité sont développés de manière systématique dans les chapitres 3 à 8. Leur problématique et les principaux résultats synthétiques sont présentés dans la première section du chapitre. Puis, une série de fiches analytiques avec tableaux et graphiques montre les liens entre les phénomènes de la mobilité, le type de jour et les caractéristiques socio-économiques des ménages (composition, équipement automobile, revenu), des individus (âge, sexe, profession et diplôme) ou de leur habitat (type de maison, localisation en zone d'agglomération, de banlieue, migration alternante ou rurale).
Les résultats de l'enquête MOBEL 99 ont déjà fait l'objet de nombreuses communications et de rapports. Les données peuvent être interrogées sur le site web MOBEL. Mais l'ensemble très riche des informations portant sur plus de 3000 ménages, 7000 individus et 21.000 déplacements n'avait pas encore pu être totalement exploité, ni croisé avec d'autres sources de référence, belges ou étrangères. Ce sera chose faite avec ce livre. Les informations relatives aux lieux des déplacements ont été converties en coordonnées géographiques pour être analysées au niveau communal et cartographiées. Les statistiques de MOBEL ont été confrontées à d'autres données venant de l'Institut national de statistiques (INS), des transporteurs publics (TEC, SNCB), de l'Institut Belge pour la Sécurité Routière (IBSR) ou même de l'Institut Royal Météorologique (IRM). Enfin, les comportements de mobilité des Belges sont comparés à ceux des Français et des Britanniques.
Si vous souhaitez être tenu informé de la date de parution du livre et de la façon de se le procurer, merci d'envoyer un message électronique à grt@math.fundp.ac.be ou un courrier au GRT, rempart de la Vierge, 8 à 5000 Namur.

Jean-Paul HUBERT



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Editeur responsable : Prof. Philippe TOINT, FUNDP, Rempart de la Vierge, 8 5000 Namur