Anne MALCHAIR 6 octobre 2004  

Groupe de Recherche sur les Transports
Facultés Universitaires N.-D. de la Paix
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Belgique
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Périodique - octobre 2004


Editorial
Les projets du GRT
Transferts
Domaines actuels de recherche

 

Editorial

Après des vacances bien méritées par chacun d'entre nous, une nouvelle année de travail se profile à l'horizon, année qui verra le GRT souffler ses trente bougies.

Comme toujours, ce numéro de GRT-Info vous présente diverses recherches qui soit se terminent, soit vont débuter. Nous vous parlerons ainsi de l'étude qui nous avait été commanditée par la Région de Bruxelles-Capitale sur les préalables à la mise sur pieds d'un observatoire bruxellois de la mobilité. Dans un deuxième article, Marie Castaigne tire quelques conclusions de l'analyse qu'elle a réalisée sur les contraintes éprouvées par les ménages dans leur choix de mode de déplacement. Enfin, dans un troisième temps, je vous décrirai l'action COST qui vient de débuter et dans laquelle le GRT joue un rôle central.

Avant de vous laisser à votre lecture, je m'en voudrais de passer sous silence les séminaires mensuels du GRT dont une nouvelle " saison " va redémarrer dés cet automne. Si vous receviez déjà auparavant les annonces de ces séminaires, le programme du premier semestre vous parviendra bientôt. Si ce n'était pas le cas, n'hésitez pas à vous manifester auprès de nous (lleg@math.fundp.ac.be) pour demander à ce que nous vous ajoutions à notre liste de contacts.

Sans attendre, je m'efface devant les autres articles et me replonge dans tous ces problèmes de mobilité qui sont la source de nos intérêts communs. Je ne crois pas me tromper en pouvant vous dire que tout ne sera pas encore résolu cette année. Mais, comme chacun d'entre vous, je suppose, nous sommes déjà très contents quand la recherche permet des avancées dans ces domaines de la mobilité.

Dr Eric Cornelis



Les projets du GRT

Étude préalable à la mise en œuvre d'un Observatoire de la Mobilité dans la Région de Bruxelles-Capitale et premier exercice d'application

Durant ce projet, nous avons tenté de dégager les principaux indicateurs de mobilité traitant des trois thèmes suivants : la congestion, la part modale et le respect des engagements du protocole de Kyoto. Une liste, d'abord idéale puis réaliste, de ceux-ci, a été dégagée, mais, malgré tout, tous les indicateurs n'ont pas pu être mesurés actuellement.

La réalisation d'un premier exercice d'application, visant à pratiquement mesurer les indicateurs retenus, pour l'Observatoire de la Mobilité en Région de Bruxelles-Capitale, a clairement mis en évidence toutes les limites de la démarche. En effet, nous avons dû, pour cette mise en œuvre, nous baser sur les données existantes et dont nous pouvions disposer. Divers éléments rendent cette technique caduque : années de référence différentes selon les études ; études non spécifiques à la Région de Bruxelles-Capitale voire non statistiquement significatives pour ce territoire ; méthodologies de collectes différentes ; observations parcellaires, soumises à des variations importantes (p.ex. la mesure de temps de parcours sur certains axes) ; dépendance à la bonne volonté d'organismes propriétaires de données (p.ex. la STIB), etc.

Il nous semble donc que la mise sur pied d'un Observatoire de la mobilité opérationnel nécessite d'abord le développement d'instruments, d'outils qui sont cruciaux voire indispensables pour que cet Observatoire puisse remplir, avec tout le crédit scientifique nécessaire, les missions qui lui seraient assignées.

Un plan d'action devrait être dressé, définissant clairement les objectifs à atteindre au travers de cet Observatoire. Il paraît évident que le but premier serait de mesurer des indicateurs permettant de dresser un tableau de bord de la mobilité en Région Bruxelloise. Les différentes phases de la présente étude se sont largement étendues sur la définition de ces indicateurs ainsi que sur l'opérationnalité de leur mesure, réduisant une liste d'indicateurs idéaux à un ensemble plus réaliste tout en restant pertinent et suffisant. Ce tableau de bord devrait servir, d'une part à positionner Bruxelles par rapport à d'autres villes/Régions en ce qui concerne la mobilité et, d'autre part, à analyser l'évolution temporelle de celle-ci dans la Région. Il semble inutile (et aussi utopiste) de réaliser ces comparaisons sur une base annuelle. D'un point de vue économique, ce processus engendre des coûts non négligeables pour la collecte des données et il est donc plus sage et réaliste de procéder à ces récoltes (que ce soit via des enquêtes, des comptages ou d'autres types de mesures) à intervalles plus espacés. Du point de vue scientifique, on peut d'ailleurs s'interroger également sur le degré de variation des indicateurs qui pourrait être mesuré d'une année à l'autre. De faibles taux de variations (et dans certains domaines de la mobilité, l'évolution annuelle est de ce niveau) sont difficilement exploitables notamment à cause des erreurs qui, intrinsèquement, sont liées aux diverses techniques de mesure (c'est particulièrement vrai pour les seuils de significativité, les intervalles de confiance, liés aux statistiques résultant d'enquêtes).
On peut donc clairement recommander des comparaisons tant spatiales (de ville à ville) que temporelles sur une base pluriannuelle. Deux techniques sont d'ailleurs envisageables dans ce sens :

D'autre part, un certain nombre de réflexions plus fondamentales devraient aussi être entreprises sur les techniques de mesure à mettre en œuvre. Si l'on songe à une enquête, il faut d'abord mettre au point la méthodologie à suivre, les questions à poser, le créneau à cerner au travers d'un tel sondage, etc. Si l'on a recours à des observations, à des comptages, une approche scientifique doit se préoccuper d'aspects statistiques pour estimer, par exemple, le nombre d'observations nécessaire et/ou suffisant pour obtenir une mesure avec le degré de précision souhaité et ce, notamment en fonction de la variabilité du paramètre à prendre en compte.

Ceci nous montre clairement qu'un certain nombre d'étapes doivent encore être franchies avant d'aboutir à un Observatoire opérationnel. Cette conclusion n'est nullement exhaustive mais elle veut surtout mettre en avant qu'une certaine " logistique " doit d'abord être présente pour établir les fondations de l'Observatoire.

Une fois celles-ci bien robustement éprouvées, le travail ne sera pas fini. Il faudra dégager les moyens tant humains que techniques et financiers pour permettre à l'Observatoire de remplir son rôle. Celui-ci ne peut pas dépendre du bon vouloir d'autres administrations, services, opérateurs, institutions ou Régions pour collecter les informations qui lui sont nécessaires pour mesurer les indicateurs requis. Il faut donc une politique volontariste de la Région afin que l'Observatoire soit à même de contrôler toute la chaîne menant à l'élaboration des tableaux de bord et ce dès la récolte des données.

En résumé, cette étude préliminaire était certainement indispensable pour dégager les indicateurs dont l'utilité, la pertinence et, il ne faut surtout pas négliger cet aspect, la faisabilité semblent évidentes pour un tableau de bord de la mobilité en Région bruxelloise. Mais, il ne s'agit que d'un premier jalon et, maintenant, une analyse plus systématique de l'opérationnalité de l'Observatoire et notamment des récoltes de données doit être menée dans le but d'obtenir un outil utile, scientifiquement correct et réellement efficace. Il est clair que cela n'est qu'à ce prix que l'Observatoire pourra travailler et se faire reconnaître. Enfin, il ne faut pas non plus négliger l'avenir et penser à la pérennité de la démarche en donnant à l'Observatoire les moyens de poursuivre sa démarche au cours des années.

Joëlle VANDEVOORDE

Les contraintes du ménage pour le choix modal des déplacements

Il s'agit là d'une recherche s'inscrivant dans le cadre d'un projet (" Determinanten van modale keuze ") financé par la Politique Scientifique Fédérale au sein du programme d'appui au développement durable (PADD II). Le GRT y collabore avec le Langzaam Verkeer et le SADL (KUL). Plus spécifiquement, la contribution du GRT dans ce projet a consisté en une analyse approfondie des bases de données de l'enquête Mobel (1999), afin d'apporter une réponse à l'une des questions de recherche qui ont sous-tendu cette étude : quelles sont les contraintes au niveau du ménage qui peuvent avoir une influence sur le choix modal des individus ?

A priori, nous avons pensé que le choix modal des membres d'un ménage pouvait être contraint par les caractéristiques de ce dernier de deux manières :

Nous avons ainsi (re)questionné les bases de données existantes, et utilisé différentes méthodes d'analyse afin de répondre aux questions que nous nous posions. Nous passerons, dans ce texte, les détails plus " techniques " de cette étude, pour vous en présenter les principales conclusions :

Ces résultats doivent encore être intégrés avec les contributions des autres groupes de recherche. Ils montrent cependant tout l'intérêt de la problématique, et mettent en évidence certains freins au changement modal.

Marie Castaigne

WATCH (action COST 355)

Au niveau européen, la COST - Coopération européenne dans le domaine de la recherche scientifique et technique - est un cadre de coopération pour des actions de recherche concertée au niveau européen, appelées actions COST, avec l'appui de l'Union européenne. La COST vise à coordonner la recherche précompétitive ou des activités d'intérêt public financées au niveau national en Europe.

Dans ce cadre, Le GRT, en partenariat notamment avec l'INRETS (F) a été un des moteurs pour lancer l'action 355, intitulée " Changing behaviour towards a more sustainable transport system" (et dont l'acronyme est WATCH [We Asess Transport Change in beHaviour]). Cette action de recherche vise à analyser les conditions sous lesquelles il serait possible de renverser la tendance actuelle, qui va dans le sens d'une demande de mobilité toujours croissante et qui n'est donc pas vecteur d'un développement durable. Nous nous attachons surtout à étudier comment il serait possible de modifier les comportements des voyageurs et des transporteurs pour aller dans le sens d'un système de transport plus en accord avec le développement durable

Cette problématique étant très large, nous avons décidé de nous focaliser essentiellement dans trois directions, au sein, pour chacune, d'un groupe de travail spécifique.

Le premier d'entre eux se préoccupera du transport de marchandises, notamment en s'attachant aux " derniers kilomètres " et au transport urbain de marchandises par les ménages. Mais il s'intéressera également aux liens entre chaînes logistiques et pollution.

Le deuxième tourne autour de la voiture. Il analysera, au travers de données d'enquêtes, l'évolution, au niveau des ménages, de la possession de véhicule(s) et de l'utilisation de la voiture qui y est liée. La sensitivité du recours à la voiture par rapport au prix du carburant fera aussi l'objet de l'attention de ce groupe de travail. Enfin, les questions d'inégalités sociales dans l'usage de la voiture et des rapports entre aménagement du territoire et achat de voiture(s) seront également traitées.

Enfin, le troisième groupe de travail étudiera la problématique sous l'angle des enquêtes de mobilité qui sont un outil indispensable pour pouvoir mesurer des modifications de comportements. Plus particulièrement, les travaux de ce groupe s'orienteront vers l'analyse des méthodes novatrices (p.ex. le recours au GPS) et de ce qu'elles peuvent apporter dans des enquêtes de mobilité. Un second axe de recherche sera consacré à étudier comment appréhender les temporalités.

Au terme de cette action, un quatrième groupe de travail se chargera de faire la synthèse des travaux.

Dr. Eric CORNELIS


Transferts

Le GRT tient à remercier Bertrand CHENAL, Joëlle VANDEVOORDE et Pierre Yves BERNARD et leur souhaitent bon vent dans leurs nouvelles activités professionnelles.


Domaines actuels de recherche

Enquêtes transports

Modélisation
Editeur responsable : Prof. Philippe TOINT, FUNDP, Rempart de la Vierge, 8 5000 Namur