Groupe de Recherche sur les Transports
Facultés Universitaires N.-D. de la Paix
Rempart de la Vierge, 8
5000 Namur
Belgique
tél.:+ 32 (0)81 72.49.18
fax : + 32 (0)81 72.49.14
e-mail:grt-info@math.fundp.ac.be

info
Trimestriel - Numéro 3 - juin 98


Editorial
Les projets du GRT :
Adéquation d'un modèle de simulation d'émissions atmosphériques et d'un modèle de simutlation du trafic.
Une journée sur la pollution ...
Les outils du GRT :
VERBASTAT : un logiciel de codification des réponses aux questions ouvertes
En quelques mots :
Une interface web (internet) pour la consultation de données sur la mobilité.
Domaines actuels de recherche

 

Editorial

 

Les problèmes environnementaux sont devenus une des préoccupations publiques majeures au cours des dernières années. La pollution induite par les systèmes de transports fait partie des aspects les plus connus, dénoncés, et, heureusement, étudiés. Vous avez dans les mains un numéro de GRT-info consacré essentiellement à ce problème, ainsi qu'à la façon dont le GRT contribue à l'analyser.

Avec la fin du semestre, vient aussi la planification des séminaires GRT que nous proposerons de septembre à décembre prochains. Fidèles à notre rythme mensuel, quatre sujets et orateurs seront proposés. D'abord, B. Colson (GRT) présentera ses travaux sur les méthodes de prévision du temps de parcours pour des navettes de desserte urbaine "à la demande". M. Dupuis (ISIS, France) nous parlera ensuite de la modélisation de systèmes de transports multimodaux. Ensuite, nous accueillerons S. Proost (KUL, Leuven) qui nous entretiendra de la modélisation économique liée au transport, et plus particulièrement, de son projet TRENEN. Enfin, M. Wacker (ISV-S, Allemagne) viendra nous parler de l'évaluation de la pollution engendrée par des flux de trafic. Les dates de ces séminaires vous parviendront sous peu dans un courrier séparé. Nous espérons vous voir nombreux à ces rencontres.

A quelques semaines de la période estivale, il me reste à vous souhaiter d'en profiter pour vous ressourcer, vous détendre, ou même travailler... Rendez-vous donc en septembre prochain!

Prof. Philippe TOINT, directeur du GRT


 

Les projets du GRT

 

Adéquation d'un modèle de simulation d'émissions atmosphériques et d'un modèle de simulation du trafic
     Un outil d'évaluation de la pollution atmosphérique liée au trafic routier

Le trafic automobile étant devenu la principale source de pollution atmosphérique, les décideurs politiques ne peuvent plus ignorer les impacts d'une nouvelle politique de transport sur l'environnement. C'est la raison pour laquelle le Groupe de Recherche sur les Transports et l'Institut Wallon travaillent en ce moment à la réalisation d'un outil visant à intégrer un modèle de simulation d'émissions atmosphériques dans PACSIM, le modèle de simulation du trafic développé par le GRT.

1. LE SIMULATEUR PACSIM

PACSIM vous a été présenté plus en détails dans notre premier numéro (décembre 1997). Nous n'allons donc pas décrire une nouvelle fois ce modèle mais plutôt examiner l'importance de certaines de ses caractéristiques lorsque l'on aborde la modélisation des émissions atmosphériques.

Tout d'abord, PACSIM est un modèle dynamique et non statique, c'est-à-dire que nous obtenons non pas une information moyenne sur l'ensemble de la simulation mais des données sur l'évolution temporelle des niveaux de pollution. Cela permet, par exemple, de repérer la tranche horaire la plus critique pendant la pointe du matin ou sur l'ensemble de la journée.

Dans PACSIM, le comportement des conducteurs est modélisé également: comportement face à un incident (route barrée pour cause de travaux, accident, ...), selon la météo, selon les embouteillages, etc. Le modèle intègre aussi des systèmes d'information des usagers tels le radio-guidage, les panneaux à messages variables, ... Toutes ces caractéristiques font que l'usager a la possibilité de modifier son trajet en cours de route ce qui peut avoir un impact plus ou moins important au niveau de la pollution.

La multimodalité est aussi prise en compte en ce sens que les usagers ont la possibilité de choisir le bus ou la voiture (ou de combiner les deux modes). Cet aspect permet notamment de voir quels seraient les effets, en matière de pollution, d'une politique visant à favoriser les transports en commun.

2. LE MODELE D'EMISSIONS

Le modèle que nous avons choisi provient essentiellement des projets européens COPERT et COST. La raison de ce choix est assez simple : ces modèles fournissent des formules obtenues à partir de mesures effectuées dans différents pays européens et donc suffisamment représentatives pour être considérées comme générales. Ces formules dépendent de divers paramètres :

3. METHODOLOGIE

Les formules ne sont valables qu'à partir d'une certaine distance parcourue (longueur du cycle). Nous calculons donc la pollution causée par les véhicules lorsque ceux-ci ont parcouru une distance égale ou supérieure à la longueur du cycle. Nous évaluons ensuite le temps nécessaire pour parcourir le cycle et nous calculons la vitesse moyenne en tenant compte d'éventuels arrêts à un feu ou dans une file.

Nous pouvons alors évaluer la pollution engendrée par ce déplacement sur l'entièreté du cycle. Nous redistribuons finalement les taux de pollution sur chaque rue empruntée par le véhicule tout au long du cycle. Cette redistribution se fait selon la longueur de l'arc et le temps nécessaire à sa traversée. Nous mettons bien évidemment à jour la distance déjà parcourue ainsi que le temps écoulé depuis le départ afin de toujours disposer de l'information sur la température du moteur (chaud ou froid).

4. RESULTATS

A l'heure actuelle, nous travaillons avec des simulations sur la ville de Namur durant la pointe du matin (de 7h30 à 9h00). Les résultats sont les niveaux de pollution sur chaque arc pour chaque polluant et chaque tranche de temps. Ils sont traités avec un programme Access, réalisé par l'Institut Wallon, permettant la comparaison de résultats de diverses simulations.

Par exemple, sur la figure ci-dessous, nous comparons l'évolution temporelle des émissions de CO2 (en grammes) sur un arc pour la situation normale et une situation où la vitesse dans le centre-ville et sur cet arc a été réduite de 50 à 30 km/h.

Nous pouvons aussi traiter les résultats d'une seule simulation. Nous avons sur le graphe ci-après la répartition des émissions de CO selon les différentes tranches de temps. On peut constater que la plupart des émissions de CO sont produites entre 7h45 et 8h15.

Les améliorations à apporter au modèle sont encore nombreuses. Nous voulons intégrer les modèles d'émissions les plus récents possibles (par exemple, le nouveau modèle de surémissions à froid de COST). Au niveau des résultats, nous comptons ajouter un support cartographique afin de visualiser davantage encore les zones critiques. Nous allons également définir des quartiers permettant une information plus agrégée.

5. LES PARTENAIRES DU PROJET

Ce projet est réalisé par deux équipes: l'Institut Wallon et le GRT. Il est financé par les SSTC (Services du Premier Ministre, Affaires Scientifiques, Techniques et Culturelles) dans le cadre du programme "Mobilité Durable".

Benoît MASQUILIER, chercheur au GRT


 

Une journée sur la pollution ...

 

Le GRT a organisé en collaboration avec son partenaire, l'Institut Wallon, une journée de travail réunissant des personnes expérimentées dans le domaine de la pollution. Le but n'était pas de présenter un modèle complet mais d'exposer l'état d'avancement des recherches (voir page précédente) et d'obtenir certains avis afin d'améliorer le modèle.

Cette journée s'est déroulée le lundi 27 avril aux FUNDP à Namur. Après le mot d'introduction du professeur Ph. Toint, directeur du GRT, Mr Robert Joumard (INRETS, France) a exposé les derniers résultats du projet COST 319, projet réunissant des experts européens d'une dizaine de pays et dont le but est de fournir des modèles d'émissions à partir de mesures observées dans plusieurs laboratoires. Plus particulièrement, Mr Joumard a abordé la problématique des émissions causées par un départ à froid. Il faut savoir, en effet, qu'en zone urbaine, la plupart des déplacements s'effectuent avec un moteur froid. Il est donc important de pouvoir évaluer ces "surémissions" étant donné qu'en règle générale, un moteur froid émet davantage qu'un moteur chaud.

Après l'exposé de Mr Joumard, le GRT et l'Institut Wallon ont présenté l'état actuel du modèle, ses différentes caractéristiques mais également les diverses hypothèses adoptées ainsi que certains problèmes rencontrés. Se clôturant par une présentation des différents résultats déjà obtenus et des conclusions qui peuvent être dégagées, l'exposé a suscité un large débat parmi la quarantaine d'experts nationaux et internationaux présents. Forts de ces nombreux avis, le GRT et l'Institut Wallon vont donc s'efforcer d'améliorer leur modèle, en y intégrant notamment les nouvelles formules de surémissions à froid.

L'après-midi était consacrée à la présentation des deux projets européens QUITS et ESTEEM par Mr Andrea Ricci (ISIS, Italie) et Mr Emanuele Negrenti (ENEA, Italie). L'objectif de QUITS est de développer une méthodologie qui aidera les décideurs publics dans le secteur des transports en portant une grande attention aux coûts de voyage en général, aux niveaux de pollution et aux impacts sur la santé humaine en particulier. ESTEEM propose quant à lui un modèle d'émissions corrigeant le modèle plus répandu où les émissions sont calculées selon la vitesse moyenne des véhicules. Ce facteur de correction prend en compte la variation de la vitesse le long d'une route et les différents états cinétiques du véhicule (phase d'accélération, vitesse de croisière, décélération, ...).

Benoît MASQUILIER, chercheur au GRT


 

Les outils du GRT

 

VERBASTAT:
un logiciel de codification des réponses aux questions ouvertes

Lors d'une enquête, le traitement des réponses aux questions ouvertes est un travail laborieux, souvent réalisé "manuellement" à l'aide d'un papier et d'un crayon. Pour chaque question, on peut décomposer le travail en quatre étapes: la lecture des réponses, le regroupement des réponses en catégories, la codification de chaque réponse et enfin l'encodage. Tout ceci nécessite la manipulation des questionnaires, prend énormément de temps et peut être source de nombreuses erreurs.

Cette perspective n'enthousiasmait guère les personnes en charge du traitement des données de l'enquête-pilote sur la mobilité des ménages menée il y a quelques mois (voir GRT-info de mars 1998). Nous nous sommes alors tournés vers le logiciel VERBASTAT développé par dataSTAT, une jeune société belge de traitement de données.

VERBASTAT nécessite une saisie informatique des textes, soit via l'éditeur interne, soit via l'importation de textes déjà encodés. Une fois les textes saisis, VERBASTAT liste les réponses et permet leur classification interactive: à l'aide de nombreux outils, l'utilisateur regroupe les réponses qui ont le même sens dans des catégories auxquelles un code est ensuite assigné. Pour terminer, VERBASTAT code automatiquement, par répondant, le code de la catégorie dans laquelle le texte a été classifié. Le fichier de données résultant peut alors être soumis à des logiciels statistiques classiques tels que SPSS, SAS ou encore Quantum.

Il est évident que ce logiciel répond aux inconvénients de la méthode "manuelle": il minimise les manipulations des questionnaires, il diminue de manière conséquente le temps global du traitement et réduit les erreurs. Précisons enfin ce qui est sans doute la caractéristique la plus importante du logiciel, à savoir la réversibilité permanente du processus de classification: VERBASTAT garde en effet en mémoire durant toute la classification, non seulement les textes initiaux mais aussi, pour chaque catégorie créée, l'historique des textes qui en font partie et donc, les manipulations qu'ils auraient déjà subies antérieurement.

Sachez pour terminer que VERBASTAT possède encore de nombreuses fonctionnalités qu'il serait trop long de décrire ici. Il est développé sous WINDOWS. La première version date de 1995. Il est utilisé par de nombreuses firmes d'études de marché et par des universités du monde entier. Si vous souhaitez davantage d'informations, n'hésitez pas à contacter dataSTAT dont vous trouverez toutes les coordonnées ci-dessous. Une version démo limitée à 50 répondants est disponible sur le site internet de dataSTAT.

Philippe BARETTE, chercheur au GRT,
Serge LUYENS, co-directeur de dataSTAT
dataSTAT, 80 Avenue de l'Opale, 1030 Bruxelles, Belgique,
tel:+32 (0)2 736.69.99, fax:+32 (0)2 736.65.49,
e-mail:datastat@pophost.eunet.be, http://www.datastat.be/


 

En quelques mots ...

 

Une interface web (internet) pour la consultation de données sur la mobilité

La collecte de données sur le comportement des individus en matière de mobilité est cruciale pour la mise en oeuvre d'une politique de transports cohérente et tout spécialement au niveau européen. Le projet TEST (Technologies for European Surveys of Travel behaviour), financé par la commission européenne (IVème programme-cadre), a pour but d'utiliser et de développer des technologies pour améliorer et enrichir la collecte des données, leur traitement et leur mise à disposition des utilisateurs.

Une des composantes de TEST s'intéresse aux technologies de diffusion de résultats d'enquêtes. En effet, on constate que l'accès à des données ou à des résultats d'études est généralement difficile (aussi bien pour le grand public que pour les experts) et nécessite souvent des logiciels d'analyse de données spécialisés. L'objectif de cette partie du projet est de créer une interface web entre l'utilisateur et un logiciel d'analyse de données spécialisé, permettant ainsi un accès plus facile et plus large aux résultats d'enquêtes.

L'interface que nous développons permet à toutes les personnes ayant accès à Internet de consulter des données collectées dans le cadre d'enquêtes de mobilité au niveau européen. L'utilisateur peut ainsi formuler certaines requêtes telles que des statistiques de base (moyenne, variance, ...), des tableaux croisés, avec ou sans filtre, etc.

L'interface est articulée autour de neuf menus :

Nous vous invitons à vous connecter à http://sturm.math.fundp.ac.be/~test et à nous transmettre vos commentaires.

Isabelle Reginster, chercheuse au GRT


 

Domaines actuels de recherche

Pour plus d'informations, consultez notre site internet à l'adresse http://www.fundp.ac.be/sciences/math/grt

Développement de systèmes
Conception d'un logiciel de gestion pour le système intégré de Park and Ride (Benoît COLSON)
Enquêtes transports
Enquête-pilote nationale sur la mobilité des ménages (Philippe BARETTE)
Enquête nationale sur la mobilité des ménages et étude des chaînes d'activités des ménages (Philippe BARETTE)
Méthodes de correction de données (TEST) (Olivier LOTHAIRE)
Mise de résultats d'enquêtes sur le web (TEST) (Isabelle REGINSTER)
Modélisation
Modélisation des émissions atmosphériques liées au trafic automobile (Benoît MASQUILIER)
Développement de modèles et de méthodes pour de nouveaux systèmes de transport urbain (AIUTO) (Eric CORNELIS)
Modélisation et simulation à haute performance de réseaux de transport (HIPERTRANS) (Eric CORNELIS)
Intégration de modèles économiques et de trafic pour l'évaluation d'une politique de transport en milieu urbain (Eric CORNELIS)
Consultance
Elaboration d'un modèle routier pour la Région Wallonne (Martine DE VLEESCHOUWER)


Isabelle Reginster - FUNDP - MATH - GRT - 16 juin 1998