Corinne COULET, Le théâtre grec (128 Lettres, 139), Paris, Nathan Université, 1996, 13 x 18, 128 p., br. 49 FF. Inédit.

Soucieuse de bien montrer que le théâtre grec diffère fondamentalement du nôtre - d’abord parce que les pièces étaient jouées une seule fois, lors de fêtes religieuses -, l’A. s’attache à expliquer (ch. 1) comment le théâtre, tragédie et comédie, a pris naissance en Grèce et à préciser le cadre des représentations. Nous trouvons une description de l’espace théâtral (les différents lieux et leur organisation) et du déroulement des grandes Dionysies. Avant d’aborder les grands auteurs classiques, l’ouvrage rassemble (ch. 2) les informations générales nécessaires à la compréhension du fait théâtral en contexte : les principaux thèmes tragiques et leur contrepoint comique, la structure des pièces, le rapport entre les personnages et le ch ur, l’apport de la musique et de la danse, la différence entre la tragédie et la comédie. Et la gageure est tenue de présenter en quelques pages Eschyle, Sophocle, Euripide et Aristophane, avec, pour chacun, le résumé d’une uvre importante. La trajectoire d’ensemble se perçoit bien, sans que soient gommées les spécificités. Pour rendre compte ensuite de la réception des pièces à l’époque classique (ch. 3), l’A. se tourne du côté du public, qui est décrit dans sa composition comme dans ses émotions. Mais la cité est aussi appelée comme témoin, elle qui, en accueillant et en intégrant le théâtre dans son cadre institutionnel et politique, lui confère toute sa portée. La parole est encore donnée à deux spectateurs privilégiés, Platon, très sévère dans son jugement, et Aristote, qui a jeté les bases du travail sur les genres littéraires. Sont rassemblés alors (ch. 4) les éléments de mise en scène et - moins connus - des détails sur le jeu des acteurs et leur carrière. La dernière étape (ch. 5) nous entraîne dans les transformations des représentations à l’époque hellénistique : l’attitude nouvelle du public, plus sensible aux modes et avide de divertissement, à côté d’un autre public d’érudits qui ouvrent la voie à la philologie, le vedettariat des acteurs, les modifications de la mise en scène, en particulier des masques. Un aperçu sur la comédie moyenne et nouvelle (avec Ménandre) débouche sur la « fin du théâtre grec », même s’il a été prolongé dans l’imitation des Latins et si, par bonheur, quelques uvres de l’immense production antique nous sont parvenues. Une chronologie, un panorama des familles tragiques, une bibliographie et un index des notions achèvent cet ouvrage, où l’A. parvient à ne rien omettre de l’essentiel, tout en le pimentant, ici et là, d’une touche personnelle indéniable.

Fr.-X. Druet (extrait de LEC 66.3 [1998], p. 281-282)

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