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Historique
Endroit
stratégique de défense et de surveillance,
un éperon rocheux dominait de 60 mètres
un petit marécage coincé entre
Meuse et Hoyoux. Un gué sur la Meuse
permettait alors le passage d’une rive à
l’autre de cette voie idéale de communication.
Enfin, l’énergie hydraulique fournie
par le Hoyoux constituait un attrait supplémentaire
qui attira les premiers « Hutois »
sur le site.
La
bourgade primitive, à l’époque
romaine certainement, se développa autour
et peut-être sur l’emplacement même
du « Castrum » de la rive droite et
à la fois, dans la plaine de la rive
opposée.
Dès
le 11e siècle, au pied du
rocher Saint Materne aurait dédié
à la Vierge, un sanctuaire ancêtre
de notre Collégiale.
Mais
avant l’an 1000, l’histoire de Huy est en fait
peu connue. Seuls quelques documents jettent
un peu de lumière sur cette période
demeurée obscure de la vie de notre cité.
Son nom apparaît pour la première
fois en 636 dans un testament ; mais dès
le VIe siècle, on la devine
évangélisée par l’évêque
de Tongres, Saint Domitien dont le tombeau devait
rapidement devenir l’objet de la vénération
des Hutois qui le choisirent comme Patron de
la Ville. Cet effort de conversion fait surgir
deux églises, dès le milieu du
VIIe siècle : la plus
ancienne dédiée à Notre
Dame (634) et l’autre, située « sur
le mont » (in monte), à Saint Côme.
Ces
témoignages de vitalité indéniable
sont confirmés et complétés
par les observations de la numismatique. Marché
régional et étape de batellerie,
HUY offre l’aspect d’une de ces cellules économiques,
petites mais très actives, qui caractérisent
l’époque mérovingienne. Les monnaies
qui furent frappées dans son atelier
monétaire, entre 600 et 700, nous ont
livré les noms des douze monétaires
responsables, chiffre remarquablement élevé
pour l’époque. Le quartier Batta accueille
alors ses premières industries :
fonderies de bronze, tailleurs de corne, d’os
et potiers.
C’est
pourtant un autre élément du site
hutois qui va asseoir définitivement
la fortune du lieu. En cristallisant la population
au pied de ses défenses, le « Castrum »
de HUY accentue le rôle de chef lieu régional
que les conditions économiques tendaient
à imposer.
Dans
la nouvelle géographie administrative
que l’empereur germanique Otton 1er
met sur pied, HUY devint le siège d’un
comté (941) qui n’eut cependant qu’une
existence éphémère, puisqu’en
985, son dernier titulaire, Ansfrid s’en dessaisit
au profit de l’Eglise de Liège, à
l’époque dirigée par Notger (972-1008).
Désormais, le comté de HUY partagera
les destinées de la principauté
de Liège.
Alors,
le climat commercial décelable dès
l’époque mérovingienne alla en
s’amplifiant. La prospérité urbaine,
marquée par l’extension de zones d’habitat,
en particulier sur les bords du Hoyoux où
s’installèrent tanneurs, foulons, chaudronniers,
menuisiers, donna bientôt aux marchands
représentant l’élément
« moteur » de la cité, une
conscience collective de leurs droits. Ainsi
obtinrent-ils du Prince-Evêque Théoduin
de Bavière, en échange de la moitié
de leurs biens meubles pour financier la reconstruction
de la Collégiale Notre Dame de HUY, une
charte de libertés qui, en 1066, était
la première du genre en Europe occidentale.
Aux
XIIe siècle, avec l’extension
du marché extérieur et intérieur,
c’est surtout la batterie, fabrication artisanale,
à partir du minerai exploité en
Germanie, de toutes sortes de récipients
en cuivre et en laiton qui fera la prospérité
de HUY.
Cette
production s’accompagne dans le domaine des
arts du métal et des émaux, d’une
efflorescence d’artistes qui occupent une place
de choix dans l’histoire de l’art européen.
Les noms de Renier de Huy et de Godefroid de
Claire ont depuis longtemps dépassé
nos frontières ; l’un pour les fonds
baptismaux de l’Eglise Saint-Barthélemy
à Liège et l’autre, notamment,
pour les superbes châsses de Saint Mengold
et Saint Domitien du Trésor de Notre
Collégiale.
Sur
le plan religieux, la fin de la première
croisade (1095-1099) amène sur nos terres
le célèbre prédicateur,
Pierre L’Ermite qui fonde le monastère
de Neufmoustier, tandis que, en « Clair
Lieu », se crée le couvent qui deviendra
la maison mère de l’ordre des Croisiers.
Aux
XIIIe et XIVe siècles,
la vie économique de la Ville repose
en premier lieu non plus sur la batterie, mais
bien sur la draperie qui prend son essor le
long du Hoyoux, vers le Condroz. C’est dans
ces lieux que HUY se développe, et de
là que ses produits rayonnent à
travers toute l’Europe ainsi qu’en témoigne
notamment la découverte de monnaies hutoises
en Scandinavie et en Russie.
A
cette époque, le château devient
une puissante forteresse, servant de retraite
aux princes liégeois en conflit avec
leurs sujets, il fut considérablement
agrandi, aménagé, bardé
de tours et de murailles supplémentaires,
mais aussi embelli et ses salles richement ornées.
Ainsi,
le pape Grégoire XII (1325-1417) de passage
dans notre région ne peut-il que s’émerveiller
devant notre cité et son impressionnant
défenseur sur le piton rocheux.
HUY
devint alors une ville de plaisirs et vit se
déployer dans toutes leurs splendeurs
le faste et l’opulence de la Cour de Bourgogne.
Le Duc lui-même, Charles le Téméraire,
restaura intégralement le château
après sa prise de Liège en 1468.
C’est
de ce XVe siècle que date
également le choix, significatif, de
la forteresse médiévale comme
emblème héraldique de la ville.
Au
siècle de Charles Quint (XVIe),
HUY connaît encore des heures dorées
sur le plan économique : la draperie
poursuit sa croissance tandis que se développe
considérablement la papeterie et, surtout,
la métallurgie du fer. Ces activités
assurent rapidement à nos artisans une
excellente réputation bien au-delà
de nos frontières et donnent au commerce
hutois une ampleur remarquable.
Mais
l’éclat de la brillante destinée
que connut la ville jusqu’alors va progressivement
se ternir : HUY devint victime de sa situation
stratégique. La prise du château
par les troupes hollandaises du gouverneur de
Breda, Héraugière, en 1595 eut
une résonance européenne.
Et
même si la culture de la vigne atteint
son apogée au XVIIe siècle,
surtout sur les coteaux bien exposés
de la rive gauche et de Statte, et que plus
de 60.000 litres de « Briolet » sont
produits en 1677 distribués pour le plaisir
de tous, tant dans les pays voisins que chez
nous, ce siècle n’en fut pas moins pour
HUY, un véritable siècle de malheur.
La
forteresse, dont la défense fut encore
renforcée eut à soutenir de nombreux
sièges (douze en trente ans !…),
le passage des armées hollandaises, françaises,
espagnoles, prussiennes, … apporta des épidémies
meurtrières, des dettes énormes
furent contractées par la Ville, l’industrie
languit, un incendie allumé par les Français
en 1689 réduisit en cendres près
de 800 maisons !
Cependant,
plusieurs couvents s’installent à HUY
et le culte de Notre Dame de la Sarte naît
et se développe rapidement suite aux
« miracles » de 1621, tandis que se
déroulent, un peut plus tard, les premières
Fêtes Septennales.
En
1715, le traité de la Bavière,
marquant un terme durable aux hostilités
dans notre région ordonnait aussi la
destruction de notre célèbre « Tchestia »,
fleuron de l’architecture militaire européenne.
Mais c’est toutefois heureux d’être débarrassés
des morts, famines, pillages, impôts et
exactions de toutes sortes, que le Bourgeois
hutois demandèrent, eux-mêmes,
qu’il ne restât plus pierre sur pierre
de leur forteresse. La démolition commença
en 1717 et, durant cent ans, le piton rocheux
demeura complètement vierge de toute
construction.
Le
paysage hutois avait perdu l’un de ses principaux
éléments constitutifs en même
temps qu’une des « quatre merveilles »
de la Ville.
Ce
n’est que le 6 avril 1818, que le Prince Frédéric
d’Orange assistera à la pose de la première
pierre du fort actuel. Le Lieutenant Colonel
Ingénieur Camerlinck en avait conçu
les plans et les travaux de construction durèrent
cinq ans.
Rattaché
aux Pays-Bas par le Traité de Vienne,
notre pays devait se défendre d’un retour
des « Napoléonistes ». Notre
fort devait défendre l’accès de
la vallée mosane. Sa façade principale
est construite en direction du Sud, vers la
France. Le piton rocheux fut arasé et
la construction actuelle prix la place du vieux
château. Seul l’ancien puits du XIIe
siècle, amélioré sous Erard
de la Marck, (1506-1538), fut conservé.
Il devait alimenter en eau une garnison de 600
hommes, dont 100 canonniers. Le fort est bâti
en quadrilatère aux côtés
inégaux à 45 mètres au
dessus du fleuve.
Mais
en dépit des effets des guerres et des
bombardements, HUY put vivre de son commerce
et de son artisanat pendant tout l’ancien régime.
C’est encore l’essor des activités comme
la papeterie, l’orfèvrerie et plus tard
l’industrialisation, qui permit au XIXe
siècle à plusieurs familles hutoises
d’être héritières, dans
l’industrie, des fortunes amassées précédemment.
Huy fut d’ailleurs surnommée à
la fin du siècle, la « Ville aux
Millionnaires ».
Au
pays nouveau qui naquit en 1830 et auquel elle
appartenait, la Ville de HUY offrit également
un de ses pères en la personne de Joseph
Lebeau.
Aujourd’hui,
comme depuis ses origines, HUY est installée
de part et d’autre de la Meuse.
Rive
gauche, Batta, Saint Pierre et Statte étendent
leurs bras commerçants vers les greniers
de la riche Hesbaye.
Rive
droite, les vieux quartiers encore résonnant
de leur prestigieux passé s’étirent
le long du Hoyoux, s’insinuant jusqu’aux portes
du Condroz.
Une
Ville, un patrimoine
Grand-Place
Cœur
de la ville, la Grand-Place est l’ancien quartier
artisanal et commerçant. Au centre, se
dresse une fontaine, « le Bassinia »
qui, autrefois, était accompagnée
d’un perron qui disparut probablement au XVIe
siècle.
Le
« Bassinia »
Cette
fontaine de la Grand-Place, érigée
en 1406, est considérée comme
une des quatre merveilles de la ville. De cette
époque dateraient, outre le grand bassin
de bronze, les quatre tours à créneaux
alternant avec quatre statuettes identifiées
comme étant celles de Sainte-Catherine,
Saint-Domitien, Saint-Mengold et Ansfrid, dernier
comte de Huy.
La
tour centrale fut surmontée en 1597 d’une
cinquième statuette représentant
un personnage soufflant dans une trompe, le
« Cwerneu », le guetteur du beffroi.
Au
début du XVIIIe siècle,
le tout fut complété par un fer
forgé soutenant « l’aigle bicéphale
autrichien » et par des bacs de pierre.
Hôtel
de Ville
Œuvre
de l’architecte et maître-maçon
Jean-Gilles Jacobs, originaire d’Hermalle-sous-Huy,
l’Hôtel de ville remplaça en 1766
la Halle aux Grains.
Modèle
classique des hôtels de ville du pays
de Liège, il se caractérise par
sa façade symétrique couronnée
d’un fronton triangulaire au blason de la ville
et son perron à double volée d’escalier
convergente donnant accès au « bel
étage ». Il est coiffé d’une
tour-lanterne de plan carré abritant
l’horloge et le carillon de 37 cloches.
Maison natale de Joseph LEBEAU
Dans
cette maison, est né le 3 janvier 1794
ce brillant avocat libéral, député
au Congrès National de 1831, Ministre
des Affaires Etrangères qui participa
au choix de Léopold de Saxe-Cobourg comme
premier roi des Belges. Il mourut à Huy
en 1865.

Le
Vieux HUY
Place
Verte
Derrière
l’Hôtel de Ville, petite place pittoresque
plantée de tilleuls. Sa physionomie actuelle
lui a été donnée en 1897
après la démolition de deux petites
habitations accolées à l’église
Saint-Mengold.
Eglise Saint-Mengold
Implantée
au cœur de la vieille ville, dans le cadre poétique
et reposant de la Place Verte, l’Eglise Saint-Mengold,
désaffectée depuis 1979, est une
construction gothique en calcaire de Meuse remaniée
à diverses reprises mais datant peut-être
pour l’essentiel de la 2ème
moitié du XVe siècle.
Dédiée
à Saint-Mengold, prince anglais selon
la légende, qui devint 9ème
comte de Huy et second patron de la ville après
son assassinat en 909, cette église a
remplacé, probablement au XIIe
siècle, un oratoire dédié
aux Saints Timothée et Symphorien.
L’étain à
Huy, une longue histoire …
Dès
le haut Moyen-Age, le travail des métaux
fut très en honneur dans la vallée
mosane. Les marchands de Huy se procuraient
sur le marché de Londres, le minerai
d’étain en provenance des Cornouailles
et des Iles Cassitérides (Sorlingues).
Du
XIVe au XVIIIe siècle,
l’étain jouit d’une grande vogue, avant
d’être détrôné dans
les habitudes familiales par la faïence
et la verrerie.
Au
début du XXe siècle,
le travail de l’étain va connaître,
au départ de la région hutoise,
une seconde jeunesse. En 1925, s’ouvre un premier
atelier et en 1949, trois hommes, Messieurs
Discry, Gramme et Fallais fondent les Potstainiers
Hutois.
C’est
ainsi qu’aujourd’hui, reprenant la dénomination
ancienne des « Potstainiers », potiers
du « stain » ou de l’étain,
des hommes se consacrent encore à prolonger
le vieux métier hutois, maintenant millénaire.

Remparts
Rien
ne subsiste de la première enceinte de
Huy, longtemps supposée de construction
sommaire. L’enceinte définitive, dont
on a conservé des vestiges notamment
rue des Remparts, fut établie à
la fin du XIIe siècle, en
moellons de grès et de calcaire. Les
portes et une bonne partie des murailles disparurent
au cours du XIXe siècle.
Couvent
des Frères mineurs
En
1225, les Frères mineurs établissaient
au pied de la rue Chérave leur premier
couvent. Ils ne devaient l’occuper que peu de
temps.
En
1234, un riche seigneur, Hubin de Saint-Martin,
leur offrit la colline de la rue des Chevaliers
(l’actuelle rue Vankeerberghen) pour leur permettre
d’y élever un monastère mieux
approprié à leurs besoins. La
nouvelle construction fut achevée vers
1240. Modifiée à plusieurs reprises,
elle fit place à partir de 1662 aux bâtiments
de style Renaissance mosane que nous admirons
aujourd’hui et qui sont l’œuvre de l’architecte
hutois Servais de Harre.
L’aile
nord du cloître dut être reconstruite
en 1923.
C’est
également du milieu du XVIIe
siècle que date le portail monumental
qui donne accès au couvent. Bien que
ne s’harmonisant guère avec les autres
parties du bâtiment, cette entrée
n’en constitue pas moins un remarquable morceau
d’architecture qui offre cette particularité
d’avoir été en Belgique une des
premières productions du style Louis
XII.
Le
couvent des Frères mineurs fut en son
temps un des plus importants de la ville ;
son église était une des plus
belles du pays tant pas son architecture que
par sa décoration intérieure,
il n’en subsiste malheureusement que deux baies
de style ogival rayonnant.
La
cour intérieure, entourée d’un
cloître dont d’élégantes
colonnes supportent la voûte est particulièrement
intéressante.
Sur
le côtés des arcs de plein cintre
qui relient les colonnes, de même que
sur les clés de voûte de la galerie,
on remarquera une série d’armoiries dont
plusieurs appartiennent à de vieilles
familles hutoises. Les nobles et les bourgeois
de la ville et des environs considéraient
comme un honneur de pouvoir inhumer les leurs
dans l’église des Frères mineurs ;
aussi y voyait-on les pierres tombales de nombreux
personnages de marque.
Anciennement,
le couvent jouissait du droit d’asile :
tout malfaiteur qui parvenait à s’y réfugier
se trouvait placé sous la protection
des moines et échappait ainsi à
la justice civile.
C’est
au couvent des Frères mineurs que siégeait
au XIVe siècle le Conseil
de la ville ; jusqu’en 1666, les onze métiers
s’y assemblèrent pour traiter les affaires
de la cité.
Au
cours des siècles, le couvent mena une
vie paisible et sans histoire, échappant
aux pillages auxquels les guerres l’exposèrent
si souvent. Mais l’occupation française
de 1794 sonna le glas de la vie religieuse et
les bâtiments furent successivement occupés
par les armées, habités par des
civils puis servirent de gendarmerie au début
du XIVe siècle.
A
cet occasion, l’église fut entièrement
masquée et transformée en maison.
En 1872, la ville racheta l’ensemble.
Après
une restauration sérieuse du couvent
en 1924, le couvent des Frères mineurs
fut affecté à différents
services : Justice de paix, dépôt
des Archives de l’Etat et Musée Communal.

Le
« TCHESTIA » et le Fort
Le
promontoire rocheux dominant le confluent de
la Meuse et du Hoyoux s’est révélé
très tôt d’une grande importance
stratégique. Les origines du « Tchestia »
remontent au moins au IXe siècle.
Agrandi par Raoul de Zähringen, au XIIe
siècle, et Jean de Flandre, à
la fin du XIIIe siècle, le
château eut à souffrir des guerres
de Bourgogne et fut restauré dès
1507 par Erard de la Marck.
Ce
dernier fit creuser le puits impressionnant,
qui existe toujours, d’une profondeur de 90
mètres. C’est à cette époque
également que le château prit l’allure
que nous lui connaissons par les gravures des
XVIe et XVIIe siècles.
Cette puissante forteresse fut âprement
disputée dans la seconde moitié
du XVIIe siècle. Alors renforcée
par les forts Rouge et Picard (sur la même
crête) et par les forts Joseph (sur le
mon Corroy en 1697) et du Sart (au-dessus de
Gabelle, en 1705), prise et incendiée
une première fois par les Français
en 1676, elle connut de 1688 à 1703,
des sièges et bombardements successifs,
à tour de rôle par les Français
et les Impériaux. En 1715, le Traité
de la Barrière impose sa destruction.
Les travaux débutent en 1717. L’emplacement
reste vide jusqu’en 1818, date à laquelle
le royaume des Pays-Bas commence la construction
du fort actuel qui s’intégrera dans la
ligne des défenses mosanes.
En
avril 1818, la première pierre est posée
par le lieutenant-colonel Cammerlinck, auteur
des plans ; l’éxécution est
confiée au capitaine Anemaet. Le tracé
du fort épouse le relief de l’éperon
mais nécessite néanmoins des terrassements
et l’aménagement d’une plate-forme.
C’est
un quadrilatère de grand appareil calcaire,
à côtés inégaux,
formé de quatre bastions en saillie,
réunis par des courtines d’une hauteur
moyenne de 17 mètres.
Il
abrite jusqu’en 1830 une garnison de 600 hommes
dont 100 canonniers. Désaffecté
en 1831, le fort devint prison d’Etat en 1848
pour recevoir les dix-sept principaux condamné
de Risquons-Tout et leurs complices. Le dernier
de ces prisonniers fut libéré
en janvier 1855.
En
1880, il fut intégré par le Général
Brialmont dans le système défensif
de la Meuse.
Pendant
la guerre 1914-1918, au cours de laquelle il
ne joua aucun rôle militaire, il faut
à nouveau utilisé comme prison
par les Allemands.
En
1920, il accueillit l’Ecole régimentaire
du 14ème de Ligne avant de
devenir, en 1932, centre d’attraction touristique.
En
1937, il fut réoccupé par la Défense
nationale mais, pas plus qu’en 1914, il ne joua
de rôle militaire en mai 1940.
Durant
la deuxième guerre mondiale, les Allemands
transformèrent le fort en camp de détention :
civils français ou étrangers d’abord,
puis otages et opposants à l’ « ordre
nouveau » et à l’occupation.
Le
fort devint ainsi un bagne nazi où séjournèrent
plus de 7.000 patriotes : opposants politiques,
fermiers récalcitrants aux réquisitions,
otages, résistants, réfractaires
au travail obligatoire, etc…
Pour
plusieurs centaines d’entre eux, le fort ne
fut qu’une étape, un centre de triage
vers les trop célèbres camps de
la mort lente : Dachau, Auschwitz, Neuengamme,
Vught, Buchenwald et les autres.
Le
5 septembre 1944, au matin, les Allemands libérèrent
les détenus par petits groupes et à
midi, les grilles étaient ouvertes.
Les
inciviques remplacèrent bientôt
les résistants et, dès le 12 septembre,
le Ministère de la Justice installa au
fort un centre d’internement qui ferma définitivement
ses portes en 1946.
Depuis,
racheté par la ville en 1973 pour le
franc symbolique, le fort est devenu un centre
touristique incontournable.

La
Collegiale
La
collégiale gothique actuelle fut bâtie
à partir de 1311 en plusieurs campagnes
de travaux : le chœur fut consacré
en 1377 mais la décoration des voûtes
ne fut achevée qu’au début du
XIVe siècle (1536). En 1803,
la foudre détruisit la flèche
de la tour occidentale qui ne fut jamais reconstruite.
Cette tour est ornée d’une rosace de
style rayonnant, le rondia, la plus grande rosace
de ce style en Belgique. Son diamètre
est de 6 mètres, il est de 9 mètres
si l’on y comprend les pierres moulurées
qui forment son encadrement.
De
la construction romane subsiste la crypte, seul
vestige de l’église construite au XIe
siècle par Théoduin de Bavière,
Prince-Evêque de Liège. Pour construire
cette église, Théoduin de Bavière
sollicita des Hutois une aide pécuniaire.
Ceux-ci
cédèrent au Prince-Evêque,
le tiers puis la moitié de leur capital
commercial et industriel. En échange,
le Prince-Evêque leur octroya une charte
des libertés urbaines, la plus ancienne
que l’on ait conservée pour l’Empire
germanique (1066). Cette crypte présente,
à l’abside centrale, un Christ en croix
du XIIe siècle.
La
tour occidentale abrite un prestigieux trésor
dont les pièces principales sont quatre
châsses des XIIe et XIIIe
siècles, ainsi que la croix et le calice
de Théoduin de Bavière (XIe
siècle).
Le
Bethléem
Contigu
au chevet de la Collégiale, se dresse
le portail dit « du Bethléem »,
probablement du milieu du XIVe siècle.
L’ogive centrale dont le tympan s’orne de scènes
relatives à la naissance de Jésus,
est consolidée par deux ogives latérales
récentes (fin XIXe siècle).
Deux sections d’arcs en V subdivisent ce tympan
en trois parties : ogive de gauche :
Nativité et Annonce aux Bergers, ogive
centrale : Massacre des Innocents, ogive
de droite : Adoration des Mages.
Eglise
Notre-Dame de la Sartre
L’histoire
de cette église est liée au développement
du pèlerinage à Notre-Dame de
la Sarte. En 1621, une pauvre femme de la ville,
Anne Hardi, ramassait du bois mort sur le mont
du Sart. Près d’une petite chapelle en
ruines, elle trouva une statue de la Vierge
qu’elle plaça sur son fagot. Mais, à
sa grande surprise, il lui fut impossible de
soulever son fardeau qu’elle avait pourtant
jusque-là porté sans peine. L’aide
de deux passants se révélant inefficace,
Anne Hardi pensa à la statue, la retira
du gagot, et, à la stupéfaction
de tous, fremit sans difficulté sur ses
épaules sa récolte de bois. Ces
faits étranges attirèrent aussitôt
sur le mont du Sart la foule des pélerins.
On reconstruisit la chapelle et, en 1624 déjà, on
dut songer à bâtir une église
plus vaste. De 1624 à 1628, fut élevée
une église gothique à une seule
nef. En 1656, une famine due à la sécheresse
persistante menaçait le pays. Le magistrat
communal et le clergé organisèrent
les supplications publiques habituelles, mais
cette fois, la statue de Notre-Dame de la Sarte
fut solennellement descendue en ville. Elle
était à peine rentrée à
la Sarte, rapporte la tradition, que la pluie
si ardemment désirée se mit à
tomber généreusement, sauvant
la population du fléau redouté.
Ce n’est pourtant qu’à partir de 1663
que la statue miraculeuse fut, tous les sept
ans, exposée à la Collégiale,
la veille du 15 août, et portée,
le lendemain, processionnellement dans les rues
de la cité. L’église, paroissiale
depuis 1842, accueillit une communauté
de Dominicains en 1860 et fut agrandie au début
de ce siècle ; la haute tour, qui
porte l’image mariale à la vue de toute
la région, date de 1928. Les Dominicains
ont aujourd’hui quitté la Sarte ;
une des figures marquantes de ce couvent fut
le Père Dominique Pire, Prix Nobel de
la Paix en 1958, créateur des Iles de
Paix, et du mouvement mondial en faveur des
personnes déplacées.

Les
Ponts
Le
Pontia et le Pont Roi-Baudouin
La
première pierre du Pontia fut posée
le 30 juin 1294. Les travaux ne furent achevés
que neuf ans plus tard. On y édifia des
habitations et, dès 1343, on y trouva
la prison de la ville. Il présentait
donc l’aspect d’une rue.
Antérieurement
à la construction du Pontia, le passage
du fleuve s’effectuait au moyen d’un vieux pont
en bois, en amont de l’actuel, devant l’arvô
de la Maison Batta.
Y
aboutissait la rue du Vieux Pont qui, dès
le début du XIVe siècle,
perdit de son importance au profit de la rue
Neuve.
En
1676, l’armée française, s’étant
emparée de la ville, fit sauter deux
arches et deux piles du Pontia. Pour traverser
le fleuve, un passage d’eau fut établi.
Les fonds manquant pour la réparation,
on dus se borner, trois ans plus tard, à
créer un pont volant sur les bateaux.
Afin
de trouver l’argent nécessaire à
la reconstruction du pont, un droit fut perçu
sur les bateaux passant à Huy.
La
pose de la première pierre eut lieu le
27 septembre 1680 mais les travaux ne furent
terminés qu’en 1686.
L’existence
du pont réédifié avec tant
de peine fut éphémère.
En 1693, pour empêcher le passage de l’armée
française, le commandant de Huy fit sauter
plusieurs arches. Les ressources étant
épuisées, les parties détruites
ne purent être rétablies qu’en
bois ; mais le 15 août 1703, le Français,
qui occupaient Huy, le coupèrent à
leur tour, à l’approche de l’armée
alliée. En 1714, il reçut les
réparation importantes que nécessitait
son état.
Par
la suite, le Pontia dut subir encore bien des
vicissitudes : l’inondation du Hoyoux,
du 14 juillet 1749, détruisit une partie
de la première pile ; le 6 mars
1793, les Français firent sauter l’arche
centrale qui fut reconstruite en pierre en 1808.
Enfin,
en 1898-1899, la dernière pile de la
rive gauche fut supprimée pour faciliter
le passage des bateaux.
Mutilé
à de nombreuses reprises, le vieux Pontia
allait à nouveau être victime de
la guerre.
Dans
la nuit du 14 au 15 août 1914, les troupes
belges firent sauter l’arche du milieu.
Réparé
en 1920-1921, il devait à nouveau sauter
durant la guerre 40-45.
Le
9 juin 1956, le Roi Baudouin inaugurait le pont
actuel, dernier descendant du Pontia.
Pont
de Ben-Ahin
Le
pont de Ben-Ahin, baptisé Pont Père
Pire, est un pont haubané, à un
seul pylône, d’une longueur totale de
341 mètres.
Sa
caractéristique principale est son mode
de construction : la travée suspendue
au-dessus de la Meuse et le fléau d’équilibrage
ont été construits sur la rive
parallèlement au fleuve. Il fut mis en
place par rotation, le 18 septembre 1987.
Le
« Pont De Fer »
La
Belgique, premier état à construire
un réseau de voie ferrée national
coordonné, entreprit dès 1870
les premiers travaux de la ligne Hesbaye-Condroz
(Landen-Ciney).
Le
premier tronçon reliant Statte au Pont
de Bonne fut ouvert au trafic voyageurs le 16
août 1872.
Directement
après l’ancienne gare St-Hilaire, rive
gauche, la Meuse était franchie en empruntant
un viaduc monumental construit en pierre de
taille.
Trois
arches d’une ouverture de 46,8 mètres
permettait d’enjamber le fleuve et deux plus
petites terminaient l’ouvrage en passant au-dessus
de la route Huy-Namur.
Ce
pont fut construit suffisamment large pour permettre
la pose de deux voies. La ville de Huy exigea
un supplément de largeur afin que les
piétons puissent passer d’un côté
à l’autre de la Meuse.
Un
escalier de chaque côté du pont
permet de l’emprunter à cet effet. Le
viaduc fut appelé pendant longtemps « le
pont de fer » par les anciens Hutois, en
souvenir du premier pont en fer détruit
pendant la guerre en 1914 par l’armée
belge.
Reconstruit
avant 1924, le nouveau pont sera bombardé
en août 1944 par l’aviation alliée
qui lâcha environ 200 bombes pour le détruire,
sans l’endommager gravement. Il y eut pourtant
une centaine de tués !
Le
Pont de l'Europe
Reliant
l’avenue Godin-Parnajon (rive droite) à
la chaussée de Liège, il permet
d’allèger le trafic du pont Baudouin
et offre en outre un joli coup d’œil sur la
ville au promeneur qui l’emprunte.
Conçu
par les architectes Delvaux et Bonhomme, il
fut inauguré le 24 avril 1980.

La
Maison Batta
La
Maison Batta est un ancien refuge de l’abbaye
du Val-Saint-Lambert. Dans ce remarquable ensemble
de bâtiments, on peut distinguer trois
périodes de construction d’influences
bien déterminées : le bâtiment
de gauche est le plus ancien – il date de 1585
- ; son décor est inspiré
par la Renaissance française et italienne ;
la tour voisine de plan cardré est un
peu tardive et est marquée par l’influence
de la Renaissance flamande ; quant à
l’aile de droite, elle date de 1645 et est de
style traditionnel Renaissance mosane. Elle
se caractérise par ses fenêtres
à meneaux et croisillons, son soubassement
en pierre de taille.
Elle
s’ouvre en son rez-de-chaussée d’un « arvô »
ou passage voûté qui se fermait
chaque soir par une porte.
Centrale
Nucleaire de Tihange
La
Centrale nucléaire de Tihange se situe
en bord de Meuse, en direction de Liège.
Des visites sont organisées pour les
groupes de minimum 10 personnes, sur réservation,
tous les jours ouvrables et occasionnellement
les dimanches. L’entrée est gratuite.
Un
exposé (durée 45 à 90 minutes)
évoque les problèmes fondamentaux
de l’énergie nucléaire ;
les avantages et les inconvénients, le
programme nucléaire dans le monde et
en Belgique ;
le problème de la sûreté,
l’impact sur l’environnement…
Un
film (durée 30 minutes) initie les visiteurs
aux problèmes de la science nucléaire,
montre les différentes phases de la construction
de la centrale et en explique le fonctionnement.
A
l’issue de cet exposé, les visiteurs
sont emmenés à l’intérieur
de la centrale, notamment dans la salle des
machines et la salle de reconduite.

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