Association d'étudiants namurois originaires de la Province de Liege

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Historique


Endroit stratégique de défense et de surveillance, un éperon rocheux dominait de 60 mètres un petit marécage coincé entre Meuse et Hoyoux. Un gué sur la Meuse permettait alors le passage d’une rive à l’autre de cette voie idéale de communication. Enfin, l’énergie hydraulique fournie par le Hoyoux constituait un attrait supplémentaire qui attira les premiers « Hutois » sur le site.

La bourgade primitive, à l’époque romaine certainement, se développa autour et peut-être sur l’emplacement même du « Castrum » de la rive droite et à la fois, dans la plaine de la rive opposée.

Dès le 11e siècle, au pied du rocher Saint Materne aurait dédié à la Vierge, un sanctuaire ancêtre de notre Collégiale.

Mais avant l’an 1000, l’histoire de Huy est en fait peu connue. Seuls quelques documents jettent un peu de lumière sur cette période demeurée obscure de la vie de notre cité. Son nom apparaît pour la première fois en 636 dans un testament ; mais dès le VIe siècle, on la devine évangélisée par l’évêque de Tongres, Saint Domitien dont le tombeau devait rapidement devenir l’objet de la vénération des Hutois qui le choisirent comme Patron de la Ville. Cet effort de conversion fait surgir deux églises, dès le milieu du VIIe siècle : la plus ancienne dédiée à Notre Dame (634) et l’autre, située « sur le mont » (in monte), à Saint Côme.

Ces témoignages de vitalité indéniable sont confirmés et complétés par les observations de la numismatique. Marché régional et étape de batellerie, HUY offre l’aspect d’une de ces cellules économiques, petites mais très actives, qui caractérisent l’époque mérovingienne. Les monnaies qui furent frappées dans son atelier monétaire, entre 600 et 700, nous ont livré les noms des douze monétaires responsables, chiffre remarquablement élevé pour l’époque. Le quartier Batta accueille alors ses premières industries : fonderies de bronze, tailleurs de corne, d’os et potiers.

C’est pourtant un autre élément du site hutois qui va asseoir définitivement la fortune du lieu. En cristallisant la population au pied de ses défenses, le « Castrum » de HUY accentue le rôle de chef lieu régional que les conditions économiques tendaient à imposer.

Dans la nouvelle géographie administrative que l’empereur germanique Otton 1er met sur pied, HUY devint le siège d’un comté (941) qui n’eut cependant qu’une existence éphémère, puisqu’en 985, son dernier titulaire, Ansfrid s’en dessaisit au profit de l’Eglise de Liège, à l’époque dirigée par Notger (972-1008). Désormais, le comté de HUY partagera les destinées de la principauté de Liège.

Alors, le climat commercial décelable dès l’époque mérovingienne alla en s’amplifiant. La prospérité urbaine, marquée par l’extension de zones d’habitat, en particulier sur les bords du Hoyoux où s’installèrent tanneurs, foulons, chaudronniers, menuisiers, donna bientôt aux marchands représentant l’élément « moteur » de la cité, une conscience collective de leurs droits. Ainsi obtinrent-ils du Prince-Evêque Théoduin de Bavière, en échange de la moitié de leurs biens meubles pour financier la reconstruction de la Collégiale Notre Dame de HUY, une charte de libertés qui, en 1066, était la première du genre en Europe occidentale.

Aux XIIe siècle, avec l’extension du marché extérieur et intérieur, c’est surtout la batterie, fabrication artisanale, à partir du minerai exploité en Germanie, de toutes sortes de récipients en cuivre et en laiton qui fera la prospérité de HUY.

Cette production s’accompagne dans le domaine des arts du métal et des émaux, d’une efflorescence d’artistes qui occupent une place de choix dans l’histoire de l’art européen. Les noms de Renier de Huy et de Godefroid de Claire ont depuis longtemps dépassé nos frontières ; l’un pour les fonds baptismaux de l’Eglise Saint-Barthélemy à Liège et l’autre, notamment, pour les superbes châsses de Saint Mengold et Saint Domitien du Trésor de Notre Collégiale.

Sur le plan religieux, la fin de la première croisade (1095-1099) amène sur nos terres le célèbre prédicateur, Pierre L’Ermite qui fonde le monastère de Neufmoustier, tandis que, en « Clair Lieu », se crée le couvent qui deviendra la maison mère de l’ordre des Croisiers.

Aux XIIIe et XIVe siècles, la vie économique de la Ville repose en premier lieu non plus sur la batterie, mais bien sur la draperie qui prend son essor le long du Hoyoux, vers le Condroz. C’est dans ces lieux que HUY se développe, et de là que ses produits rayonnent à travers toute l’Europe ainsi qu’en témoigne notamment la découverte de monnaies hutoises en Scandinavie et en Russie.

A cette époque, le château devient une puissante forteresse, servant de retraite aux princes liégeois en conflit avec leurs sujets, il fut considérablement agrandi, aménagé, bardé de tours et de murailles supplémentaires, mais aussi embelli et ses salles richement ornées.

Ainsi, le pape Grégoire XII (1325-1417) de passage dans notre région ne peut-il que s’émerveiller devant notre cité et son impressionnant défenseur sur le piton rocheux.

HUY devint alors une ville de plaisirs et vit se déployer dans toutes leurs splendeurs le faste et l’opulence de la Cour de Bourgogne. Le Duc lui-même, Charles le Téméraire, restaura intégralement le château après sa prise de Liège en 1468.

C’est de ce XVe siècle que date également le choix, significatif, de la forteresse médiévale comme emblème héraldique de la ville.

Au siècle de Charles Quint (XVIe), HUY connaît encore des heures dorées sur le plan économique : la draperie poursuit sa croissance tandis que se développe considérablement la papeterie et, surtout, la métallurgie du fer. Ces activités assurent rapidement à nos artisans une excellente réputation bien au-delà de nos frontières et donnent au commerce hutois une ampleur remarquable.

Mais l’éclat de la brillante destinée que connut la ville jusqu’alors va progressivement se ternir : HUY devint victime de sa situation stratégique. La prise du château par les troupes hollandaises du gouverneur de Breda, Héraugière, en 1595 eut une résonance européenne.

Et même si la culture de la vigne atteint son apogée au XVIIe siècle, surtout sur les coteaux bien exposés de la rive gauche et de Statte, et que plus de 60.000 litres de « Briolet » sont produits en 1677 distribués pour le plaisir de tous, tant dans les pays voisins que chez nous, ce siècle n’en fut pas moins pour HUY, un véritable siècle de malheur.

La forteresse, dont la défense fut encore renforcée eut à soutenir de nombreux sièges (douze en trente ans !…), le passage des armées hollandaises, françaises, espagnoles, prussiennes, … apporta des épidémies meurtrières, des dettes énormes furent contractées par la Ville, l’industrie languit, un incendie allumé par les Français en 1689 réduisit en cendres près de 800 maisons !

Cependant, plusieurs couvents s’installent à HUY et le culte de Notre Dame de la Sarte naît et se développe rapidement suite aux « miracles » de 1621, tandis que se déroulent, un peut plus tard, les premières Fêtes Septennales.

En 1715, le traité de la Bavière, marquant un terme durable aux hostilités dans notre région ordonnait aussi la destruction de notre célèbre « Tchestia », fleuron de l’architecture militaire européenne. Mais c’est toutefois heureux d’être débarrassés des morts, famines, pillages, impôts et exactions de toutes sortes, que le Bourgeois hutois demandèrent, eux-mêmes, qu’il ne restât plus pierre sur pierre de leur forteresse. La démolition commença en 1717 et, durant cent ans, le piton rocheux demeura complètement vierge de toute construction.

Le paysage hutois avait perdu l’un de ses principaux éléments constitutifs en même temps qu’une des « quatre merveilles » de la Ville.

Ce n’est que le 6 avril 1818, que le Prince Frédéric d’Orange assistera à la pose de la première pierre du fort actuel. Le Lieutenant Colonel Ingénieur Camerlinck en avait conçu les plans et les travaux de construction durèrent cinq ans.

Rattaché aux Pays-Bas par le Traité de Vienne, notre pays devait se défendre d’un retour des « Napoléonistes ». Notre fort devait défendre l’accès de la vallée mosane. Sa façade principale est construite en direction du Sud, vers la France. Le piton rocheux fut arasé et la construction actuelle prix la place du vieux château. Seul l’ancien puits du XIIe siècle, amélioré sous Erard de la Marck, (1506-1538), fut conservé. Il devait alimenter en eau une garnison de 600 hommes, dont 100 canonniers. Le fort est bâti en quadrilatère aux côtés inégaux à 45 mètres au dessus du fleuve.

Mais en dépit des effets des guerres et des bombardements, HUY put vivre de son commerce et de son artisanat pendant tout l’ancien régime. C’est encore l’essor des activités comme la papeterie, l’orfèvrerie et plus tard l’industrialisation, qui permit au XIXe siècle à plusieurs familles hutoises d’être héritières, dans l’industrie, des fortunes amassées précédemment. Huy fut d’ailleurs surnommée à la fin du siècle, la « Ville aux Millionnaires ».

Au pays nouveau qui naquit en 1830 et auquel elle appartenait, la Ville de HUY offrit également un de ses pères en la personne de Joseph Lebeau.

Aujourd’hui, comme depuis ses origines, HUY est installée de part et d’autre de la Meuse.

Rive gauche, Batta, Saint Pierre et Statte étendent leurs bras commerçants vers les greniers de la riche Hesbaye.

Rive droite, les vieux quartiers encore résonnant de leur prestigieux passé s’étirent le long du Hoyoux, s’insinuant jusqu’aux portes du Condroz.

Une Ville, un patrimoine


Grand-Place

Cœur de la ville, la Grand-Place est l’ancien quartier artisanal et commerçant. Au centre, se dresse une fontaine, « le Bassinia » qui, autrefois, était accompagnée d’un perron qui disparut probablement au XVIe siècle.

Le « Bassinia »

Cette fontaine de la Grand-Place, érigée en 1406, est considérée comme une des quatre merveilles de la ville. De cette époque dateraient, outre le grand bassin de bronze, les quatre tours à créneaux alternant avec quatre statuettes identifiées comme étant celles de Sainte-Catherine, Saint-Domitien, Saint-Mengold et Ansfrid, dernier comte de Huy.

La tour centrale fut surmontée en 1597 d’une cinquième statuette représentant un personnage soufflant dans une trompe, le « Cwerneu », le guetteur du beffroi.

Au début du XVIIIe siècle, le tout fut complété par un fer forgé soutenant « l’aigle bicéphale autrichien » et par des bacs de pierre.

Hôtel de Ville

Œuvre de l’architecte et maître-maçon Jean-Gilles Jacobs, originaire d’Hermalle-sous-Huy, l’Hôtel de ville remplaça en 1766 la Halle aux Grains.

Modèle classique des hôtels de ville du pays de Liège, il se caractérise par sa façade symétrique couronnée d’un fronton triangulaire au blason de la ville et son perron à double volée d’escalier convergente donnant accès au « bel étage ». Il est coiffé d’une tour-lanterne de plan carré abritant l’horloge et le carillon de 37 cloches.

Maison natale de Joseph LEBEAU

Dans cette maison, est né le 3 janvier 1794 ce brillant avocat libéral, député au Congrès National de 1831, Ministre des Affaires Etrangères qui participa au choix de Léopold de Saxe-Cobourg comme premier roi des Belges. Il mourut à Huy en 1865.

 

Le Vieux HUY


Place Verte

Derrière l’Hôtel de Ville, petite place pittoresque plantée de tilleuls. Sa physionomie actuelle lui a été donnée en 1897 après la démolition de deux petites habitations accolées à l’église Saint-Mengold.

Eglise Saint-Mengold

Implantée au cœur de la vieille ville, dans le cadre poétique et reposant de la Place Verte, l’Eglise Saint-Mengold, désaffectée depuis 1979, est une construction gothique en calcaire de Meuse remaniée à diverses reprises mais datant peut-être pour l’essentiel de la 2ème moitié du XVe siècle.

Dédiée à Saint-Mengold, prince anglais selon la légende, qui devint 9ème comte de Huy et second patron de la ville après son assassinat en 909, cette église a remplacé, probablement au XIIe siècle, un oratoire dédié aux Saints Timothée et Symphorien.

L’étain à Huy, une longue histoire …

Dès le haut Moyen-Age, le travail des métaux fut très en honneur dans la vallée mosane. Les marchands de Huy se procuraient sur le marché de Londres, le minerai d’étain en provenance des Cornouailles et des Iles Cassitérides (Sorlingues).

Du XIVe au XVIIIe siècle, l’étain jouit d’une grande vogue, avant d’être détrôné dans les habitudes familiales par la faïence et la verrerie.

Au début du XXe siècle, le travail de l’étain va connaître, au départ de la région hutoise, une seconde jeunesse. En 1925, s’ouvre un premier atelier et en 1949, trois hommes, Messieurs Discry, Gramme et Fallais fondent les Potstainiers Hutois.

C’est ainsi qu’aujourd’hui, reprenant la dénomination ancienne des « Potstainiers », potiers du « stain » ou de l’étain, des hommes se consacrent encore à prolonger le vieux métier hutois, maintenant millénaire.

Remparts

Rien ne subsiste de la première enceinte de Huy, longtemps supposée de construction sommaire. L’enceinte définitive, dont on a conservé des vestiges notamment rue des Remparts, fut établie à la fin du XIIe siècle, en moellons de grès et de calcaire. Les portes et une bonne partie des murailles disparurent au cours du XIXe siècle.

Couvent des Frères mineurs

En 1225, les Frères mineurs établissaient au pied de la rue Chérave leur premier couvent. Ils ne devaient l’occuper que peu de temps.

En 1234, un riche seigneur, Hubin de Saint-Martin, leur offrit la colline de la rue des Chevaliers (l’actuelle rue Vankeerberghen) pour leur permettre d’y élever un monastère mieux approprié à leurs besoins. La nouvelle construction fut achevée vers 1240. Modifiée à plusieurs reprises, elle fit place à partir de 1662 aux bâtiments de style Renaissance mosane que nous admirons aujourd’hui et qui sont l’œuvre de l’architecte hutois Servais de Harre.

L’aile nord du cloître dut être reconstruite en 1923.

C’est également du milieu du XVIIe siècle que date le portail monumental qui donne accès au couvent. Bien que ne s’harmonisant guère avec les autres parties du bâtiment, cette entrée n’en constitue pas moins un remarquable morceau d’architecture qui offre cette particularité d’avoir été en Belgique une des premières productions du style Louis XII.

Le couvent des Frères mineurs fut en son temps un des plus importants de la ville ; son église était une des plus belles du pays tant pas son architecture que par sa décoration intérieure, il n’en subsiste malheureusement que deux baies de style ogival rayonnant.

La cour intérieure, entourée d’un cloître dont d’élégantes colonnes supportent la voûte est particulièrement intéressante.

Sur le côtés des arcs de plein cintre qui relient les colonnes, de même que sur les clés de voûte de la galerie, on remarquera une série d’armoiries dont plusieurs appartiennent à de vieilles familles hutoises. Les nobles et les bourgeois de la ville et des environs considéraient comme un honneur de pouvoir inhumer les leurs dans l’église des Frères mineurs ; aussi y voyait-on les pierres tombales de nombreux personnages de marque.

Anciennement, le couvent jouissait du droit d’asile : tout malfaiteur qui parvenait à s’y réfugier se trouvait placé sous la protection des moines et échappait ainsi à la justice civile.

C’est au couvent des Frères mineurs que siégeait au XIVe siècle le Conseil de la ville ; jusqu’en 1666, les onze métiers s’y assemblèrent pour traiter les affaires de la cité.

Au cours des siècles, le couvent mena une vie paisible et sans histoire, échappant aux pillages auxquels les guerres l’exposèrent si souvent. Mais l’occupation française de 1794 sonna le glas de la vie religieuse et les bâtiments furent successivement occupés par les armées, habités par des civils puis servirent de gendarmerie au début du XIVe siècle.

A cet occasion, l’église fut entièrement masquée et transformée en maison. En 1872, la ville racheta l’ensemble.

Après une restauration sérieuse du couvent en 1924, le couvent des Frères mineurs fut affecté à différents services : Justice de paix, dépôt des Archives de l’Etat et Musée Communal.

Le « TCHESTIA » et le Fort

Le promontoire rocheux dominant le confluent de la Meuse et du Hoyoux s’est révélé très tôt d’une grande importance stratégique. Les origines du « Tchestia » remontent au moins au IXe siècle. Agrandi par Raoul de Zähringen, au XIIe siècle, et Jean de Flandre, à la fin du XIIIe siècle, le château eut à souffrir des guerres de Bourgogne et fut restauré dès 1507 par Erard de la Marck.

Ce dernier fit creuser le puits impressionnant, qui existe toujours, d’une profondeur de 90 mètres. C’est à cette époque également que le château prit l’allure que nous lui connaissons par les gravures des XVIe et XVIIe siècles. Cette puissante forteresse fut âprement disputée dans la seconde moitié du XVIIe siècle. Alors renforcée par les forts Rouge et Picard (sur la même crête) et par les forts Joseph (sur le mon Corroy en 1697) et du Sart (au-dessus de Gabelle, en 1705), prise et incendiée une première fois par les Français en 1676, elle connut de 1688 à 1703, des sièges et bombardements successifs, à tour de rôle par les Français et les Impériaux. En 1715, le Traité de la Barrière impose sa destruction. Les travaux débutent en 1717. L’emplacement reste vide jusqu’en 1818, date à laquelle le royaume des Pays-Bas commence la construction du fort actuel qui s’intégrera dans la ligne des défenses mosanes.

En avril 1818, la première pierre est posée par le lieutenant-colonel Cammerlinck, auteur des plans ; l’éxécution est confiée au capitaine Anemaet. Le tracé du fort épouse le relief de l’éperon mais nécessite néanmoins des terrassements et l’aménagement d’une plate-forme.

C’est un quadrilatère de grand appareil calcaire, à côtés inégaux, formé de quatre bastions en saillie, réunis par des courtines d’une hauteur moyenne de 17 mètres.

Il abrite jusqu’en 1830 une garnison de 600 hommes dont 100 canonniers. Désaffecté en 1831, le fort devint prison d’Etat en 1848 pour recevoir les dix-sept principaux condamné de Risquons-Tout et leurs complices. Le dernier de ces prisonniers fut libéré en janvier 1855.

En 1880, il fut intégré par le Général Brialmont dans le système défensif de la Meuse.

Pendant la guerre 1914-1918, au cours de laquelle il ne joua aucun rôle militaire, il faut à nouveau utilisé comme prison par les Allemands.

En 1920, il accueillit l’Ecole régimentaire du 14ème de Ligne avant de devenir, en 1932, centre d’attraction touristique.

En 1937, il fut réoccupé par la Défense nationale mais, pas plus qu’en 1914, il ne joua de rôle militaire en mai 1940.

Durant la deuxième guerre mondiale, les Allemands transformèrent le fort en camp de détention : civils français ou étrangers d’abord, puis otages et opposants à l’ « ordre nouveau » et à l’occupation.

Le fort devint ainsi un bagne nazi où séjournèrent plus de 7.000 patriotes : opposants politiques, fermiers récalcitrants aux réquisitions, otages, résistants, réfractaires au travail obligatoire, etc…

Pour plusieurs centaines d’entre eux, le fort ne fut qu’une étape, un centre de triage vers les trop célèbres camps de la mort lente : Dachau, Auschwitz, Neuengamme, Vught, Buchenwald et les autres.

Le 5 septembre 1944, au matin, les Allemands libérèrent les détenus par petits groupes et à midi, les grilles étaient ouvertes.

Les inciviques remplacèrent bientôt les résistants et, dès le 12 septembre, le Ministère de la Justice installa au fort un centre d’internement qui ferma définitivement ses portes en 1946.

Depuis, racheté par la ville en 1973 pour le franc symbolique, le fort est devenu un centre touristique incontournable.

La Collegiale

La collégiale gothique actuelle fut bâtie à partir de 1311 en plusieurs campagnes de travaux : le chœur fut consacré en 1377 mais la décoration des voûtes ne fut achevée qu’au début du XIVe siècle (1536). En 1803, la foudre détruisit la flèche de la tour occidentale qui ne fut jamais reconstruite. Cette tour est ornée d’une rosace de style rayonnant, le rondia, la plus grande rosace de ce style en Belgique. Son diamètre est de 6 mètres, il est de 9 mètres si l’on y comprend les pierres moulurées qui forment son encadrement.

De la construction romane subsiste la crypte, seul vestige de l’église construite au XIe siècle par Théoduin de Bavière, Prince-Evêque de Liège. Pour construire cette église, Théoduin de Bavière sollicita des Hutois une aide pécuniaire.

Ceux-ci cédèrent au Prince-Evêque, le tiers puis la moitié de leur capital commercial et industriel. En échange, le Prince-Evêque leur octroya une charte des libertés urbaines, la plus ancienne que l’on ait conservée pour l’Empire germanique (1066). Cette crypte présente, à l’abside centrale, un Christ en croix du XIIe siècle.

La tour occidentale abrite un prestigieux trésor dont les pièces principales sont quatre châsses des XIIe et XIIIe siècles, ainsi que la croix et le calice de Théoduin de Bavière (XIe siècle).

Le Bethléem

Contigu au chevet de la Collégiale, se dresse le portail dit « du Bethléem », probablement du milieu du XIVe siècle. L’ogive centrale dont le tympan s’orne de scènes relatives à la naissance de Jésus, est consolidée par deux ogives latérales récentes (fin XIXe siècle). Deux sections d’arcs en V subdivisent ce tympan en trois parties : ogive de gauche : Nativité et Annonce aux Bergers, ogive centrale : Massacre des Innocents, ogive de droite : Adoration des Mages.

Eglise Notre-Dame de la Sartre

L’histoire de cette église est liée au développement du pèlerinage à Notre-Dame de la Sarte. En 1621, une pauvre femme de la ville, Anne Hardi, ramassait du bois mort sur le mont du Sart. Près d’une petite chapelle en ruines, elle trouva une statue de la Vierge qu’elle plaça sur son fagot. Mais, à sa grande surprise, il lui fut impossible de soulever son fardeau qu’elle avait pourtant jusque-là porté sans peine. L’aide de deux passants se révélant inefficace, Anne Hardi pensa à la statue, la retira du gagot, et, à la stupéfaction de tous, fremit sans difficulté sur ses épaules sa récolte de bois. Ces faits étranges attirèrent aussitôt sur le mont du Sart la foule des pélerins. On reconstruisit la chapelle et, en 1624 déjà, on dut songer à bâtir une église plus vaste. De 1624 à 1628, fut élevée une église gothique à une seule nef. En 1656, une famine due à la sécheresse persistante menaçait le pays. Le magistrat communal et le clergé organisèrent les supplications publiques habituelles, mais cette fois, la statue de Notre-Dame de la Sarte fut solennellement descendue en ville. Elle était à peine rentrée à la Sarte, rapporte la tradition, que la pluie si ardemment désirée se mit à tomber généreusement, sauvant la population du fléau redouté. Ce n’est pourtant qu’à partir de 1663 que la statue miraculeuse fut, tous les sept ans, exposée à la Collégiale, la veille du 15 août, et portée, le lendemain, processionnellement dans les rues de la cité. L’église, paroissiale depuis 1842, accueillit une communauté de Dominicains en 1860 et fut agrandie au début de ce siècle ; la haute tour, qui porte l’image mariale à la vue de toute la région, date de 1928. Les Dominicains ont aujourd’hui quitté la Sarte ; une des figures marquantes de ce couvent fut le Père Dominique Pire, Prix Nobel de la Paix en 1958, créateur des Iles de Paix, et du mouvement mondial en faveur des personnes déplacées.

Les Ponts

Le Pontia et le Pont Roi-Baudouin

La première pierre du Pontia fut posée le 30 juin 1294. Les travaux ne furent achevés que neuf ans plus tard. On y édifia des habitations et, dès 1343, on y trouva la prison de la ville. Il présentait donc l’aspect d’une rue.

Antérieurement à la construction du Pontia, le passage du fleuve s’effectuait au moyen d’un vieux pont en bois, en amont de l’actuel, devant l’arvô de la Maison Batta.

Y aboutissait la rue du Vieux Pont qui, dès le début du XIVe siècle, perdit de son importance au profit de la rue Neuve.

En 1676, l’armée française, s’étant emparée de la ville, fit sauter deux arches et deux piles du Pontia. Pour traverser le fleuve, un passage d’eau fut établi. Les fonds manquant pour la réparation, on dus se borner, trois ans plus tard, à créer un pont volant sur les bateaux.

Afin de trouver l’argent nécessaire à la reconstruction du pont, un droit fut perçu sur les bateaux passant à Huy.

La pose de la première pierre eut lieu le 27 septembre 1680 mais les travaux ne furent terminés qu’en 1686.

L’existence du pont réédifié avec tant de peine fut éphémère. En 1693, pour empêcher le passage de l’armée française, le commandant de Huy fit sauter plusieurs arches. Les ressources étant épuisées, les parties détruites ne purent être rétablies qu’en bois ; mais le 15 août 1703, le Français, qui occupaient Huy, le coupèrent à leur tour, à l’approche de l’armée alliée. En 1714, il reçut les réparation importantes que nécessitait son état.

Par la suite, le Pontia dut subir encore bien des vicissitudes : l’inondation du Hoyoux, du 14 juillet 1749, détruisit une partie de la première pile ; le 6 mars 1793, les Français firent sauter l’arche centrale qui fut reconstruite en pierre en 1808.

Enfin, en 1898-1899, la dernière pile de la rive gauche fut supprimée pour faciliter le passage des bateaux.

Mutilé à de nombreuses reprises, le vieux Pontia allait à nouveau être victime de la guerre.

Dans la nuit du 14 au 15 août 1914, les troupes belges firent sauter l’arche du milieu.

Réparé en 1920-1921, il devait à nouveau sauter durant la guerre 40-45.

Le 9 juin 1956, le Roi Baudouin inaugurait le pont actuel, dernier descendant du Pontia.

Pont de Ben-Ahin

Le pont de Ben-Ahin, baptisé Pont Père Pire, est un pont haubané, à un seul pylône, d’une longueur totale de 341 mètres.

Sa caractéristique principale est son mode de construction : la travée suspendue au-dessus de la Meuse et le fléau d’équilibrage ont été construits sur la rive parallèlement au fleuve. Il fut mis en place par rotation, le 18 septembre 1987.

Le « Pont De Fer »

La Belgique, premier état à construire un réseau de voie ferrée national coordonné, entreprit dès 1870 les premiers travaux de la ligne Hesbaye-Condroz (Landen-Ciney).

Le premier tronçon reliant Statte au Pont de Bonne fut ouvert au trafic voyageurs le 16 août 1872.

Directement après l’ancienne gare St-Hilaire, rive gauche, la Meuse était franchie en empruntant un viaduc monumental construit en pierre de taille.

Trois arches d’une ouverture de 46,8 mètres permettait d’enjamber le fleuve et deux plus petites terminaient l’ouvrage en passant au-dessus de la route Huy-Namur.

Ce pont fut construit suffisamment large pour permettre la pose de deux voies. La ville de Huy exigea un supplément de largeur afin que les piétons puissent passer d’un côté à l’autre de la Meuse.

Un escalier de chaque côté du pont permet de l’emprunter à cet effet. Le viaduc fut appelé pendant longtemps « le pont de fer » par les anciens Hutois, en souvenir du premier pont en fer détruit pendant la guerre en 1914 par l’armée belge.

Reconstruit avant 1924, le nouveau pont sera bombardé en août 1944 par l’aviation alliée qui lâcha environ 200 bombes pour le détruire, sans l’endommager gravement. Il y eut pourtant une centaine de tués !

Le Pont de l'Europe

Reliant l’avenue Godin-Parnajon (rive droite) à la chaussée de Liège, il permet d’allèger le trafic du pont Baudouin et offre en outre un joli coup d’œil sur la ville au promeneur qui l’emprunte.

Conçu par les architectes Delvaux et Bonhomme, il fut inauguré le 24 avril 1980.

La Maison Batta

La Maison Batta est un ancien refuge de l’abbaye du Val-Saint-Lambert. Dans ce remarquable ensemble de bâtiments, on peut distinguer trois périodes de construction d’influences bien déterminées : le bâtiment de gauche est le plus ancien – il date de 1585 - ; son décor est inspiré par la Renaissance française et italienne ; la tour voisine de plan cardré est un peu tardive et est marquée par l’influence de la Renaissance flamande ; quant à l’aile de droite, elle date de 1645 et est de style traditionnel Renaissance mosane. Elle se caractérise par ses fenêtres à meneaux et croisillons, son soubassement en pierre de taille.

Elle s’ouvre en son rez-de-chaussée d’un « arvô » ou passage voûté qui se fermait chaque soir par une porte.

Centrale Nucleaire de Tihange

La Centrale nucléaire de Tihange se situe en bord de Meuse, en direction de Liège. Des visites sont organisées pour les groupes de minimum 10 personnes, sur réservation, tous les jours ouvrables et occasionnellement les dimanches. L’entrée est gratuite.

Un exposé (durée 45 à 90 minutes) évoque les problèmes fondamentaux de l’énergie nucléaire ; les avantages et les inconvénients, le programme nucléaire dans le monde et en Belgique ; le problème de la sûreté, l’impact sur l’environnement…

Un film (durée 30 minutes) initie les visiteurs aux problèmes de la science nucléaire, montre les différentes phases de la construction de la centrale et en explique le fonctionnement.

A l’issue de cet exposé, les visiteurs sont emmenés à l’intérieur de la centrale, notamment dans la salle des machines et la salle de reconduite.